Wednesday, December 7, 2016

Togo : Suite de l’affaire d’escroquerie par Olga Mensah : Le Procureur de la République Essolissam Poyodi change de veste et délivre un soit-transmis contre la victime

Doit-on rendre la justice en se fondant sur des considérations personnelles, ou en se limitant aux faits ? Dans une affaire d’escroquerie, d’abus de confiance, de faux et usage de faux ayant révélé que dame Olga Mensah est tout sauf une femme digne de confiance, le Procureur de la République Essolizam Poyodi avait délivré un soit-transmis qui a vu cette femme conduite par devant lui.
L'escroc Olga Mensah et son « protecteur » le procureur de la République Essolissam Poyodi | Infog : 27avril.com
L’escroc Olga Mensah et son « protecteur » le procureur de la République Essolissam Poyodi | Infog : 27avril.com
Essolissam Poyodi demanderait à la victime d’accepter une marchandise incomplète, même si le compte n’y est pas.
Mais aux dernières nouvelles, nous apprenons que, non seulement le délai promis par le Procureur pour permettre à la victime de rentrer en possession de la cargaison de biscuits est passé sans résultat, mais en plus un soit-transmis délivré par le même Procureur contre la victime a donné pouvoir aux agents du SRI d’interpeller celle-ci. Motif invoqué, « atteinte à l’honneur de l’escroc ». Aux dernières nouvelles, l’escroc aurait déjà déversé une cargaison de biscuit sur le marché avant de laisser à disposition de la victime le reste de la marchandise sous évaluée. Pourquoi cette affaire ne va-t-elle pas en instruction et pourquoi le ministre de la Justice qui a en charge la gestion du parquet ne dit rien, tout comme le président du Conseil supérieur de la magistrature?
26 septembre 2016. Dans notre parution N°2284, nous avions révélé sous le titre : « Escroquerie, faux et usage de faux,…Olga Mensah arrêtée pour escroquerie puis relaxée par un capitaine au SRI », la procédure par laquelle cette femme a réussi à escroquer d’une dizaine de millions de FCFA à une victime qui a eu le malheur de lui faire confiance. Dans cette affaire, la Rédaction a pris langue avec le Procureur de la République, Essolizam Poyodi pour en savoir davantage. Dans les explications de celui-ci, il est ressorti que « le dossier est en cours », mais l’assurance donnée par le représentant du parquet de Lomé était que la cargaison de biscuits, objet de l’arnaque, devrait arriver au port de Lomé le 10 octobre dernier. Malheureusement à ce jour, aucune trace de cette fameuse cargaison. On en était là quand des informations faisant état d’un autre soit-transmis de la part du même Procureur de la République nous sont parvenues.
En effet, un agent de Service de Recherche et d’investigation (SRI) nous a joint pour faire état de ce que le service a été enjoint d’interroger la victime d’escroquerie au sujet d’une plainte pour atteinte à l’honneur. Jointe au téléphone, celle-ci n’a pas souhaité se prononcer, priant seulement que sa cargaison lui soit restituée, conformément aux promesses du Procureur. Il serait reproché à la victime le fait d’avoir ébruité l’escroquerie dont elle a été l’objet, puisque le soit-transmis parle de dénonciation calomnieuse. Or, dame Olga Mensah est loin d’être un enfant de chœur en matière d’escroquerie.
Nous avions écrit que la cargaison de biscuit devrait arriver au port de Lomé mi-juillet, selon les assurances données. Le Procureur Essolizam Poyodi avait répondu à un de nos collègues qui l’a joint au téléphone que la commande arriverait le 10 octobre 2016. Mais sans que la victime ne soit entrée en possession de sa marchandise évaluée à près de 12 millions de FCFA, et sans qu’une instruction ne soit ouverte, voilà que par une alchimie dont le Procureur seul aurait la recette, la victime se retrouve dans la peau d’accusée pour atteinte à l’honneur. Comme quoi, ici c’est Togo. A moins que le ministre de la Justice, Pius Agbetomey ne sorte de sa torpeur et tape du poing sur la table, tout est fait pour « protéger » dame Olga Mensah et « terroriser » la victime.
Aux dernières nouvelles, la victime aurait été contrainte par le Procureur d’accepter le reste de la cargaison, même si le compte n’y est pas. Vous vous demandez si le Procureur prend la défense de la dame ? Bonne interrogation, puisque celui-ci aurait assuré à celle-là que la cargaison était sous bonne garde de la Gendarmerie nationale. Mais des sources nous ont informé que c’est au domicile de l’escroc présumé que le reste de la marchandise se serait trouvée. Pire, son avocat, Me Lazare Soussoukpè aurait demandé 150.000 FCFA à la victime avant l’enlèvement du reste de la marchandise au motif que cette somme représenterait les frais d’entreposage. Comment alors peut-on vérifier la conformité de la commande avec le montant ? Et c’est surtout le silence de l’avocat de la victime qui intrigue. Soit dit en passant, l’avocat de l’escroc aurait menacé de porter plainte contre le journal, du fait de l’ébruitement de cette affaire dans notre parution N° 2284. On attend toujours cette plainte.
Mais tout porte à croire que la cargaison dont sa cliente aurait déjà vendu une bonne partie, ne serait pas la propriété de la victime. Selon une correspondance dont nous avons eu copie, un autre « associé » à dame Olga aurait remis de l’argent pour une autre commande de biscuits et celui-ci, las d’espérer l’arrivée de sa marchandise, se déciderait à porter plainte contre elle. La preuve en est que c’est depuis juillet que la cargaison de la victime devrait arriver, ce qui n’a pas été le cas. En plus, un avis d’opération de virement indique effectivement que dame a reçu courant août 2016 une somme de 4000 euros pour une commande de biscuits. Si elle a décidé de vendre une grande partie de la cargaison alors qu’un contrat en bonne et due forme signé entre elle et sa victime stipule que la marchandise devrait être entreposée dans un lieu de commun accord, elle n’a qu’à tout vendre et régler sa victime puisque la marchandise n’étant plus sous bonne garde de la Gendarmerie, comme l’a affirmé le Procureur de la République.
Il est constant que les magistrats du parquet relèvent du ministère de tutelle. Il est tout aussi vrai que l’une des raisons pour lesquelles certains juges rechignent à quitter les tribunaux de première instance tient au fait qu’étant en contact direct avec les justiciables, ils peuvent biaiser les décisions de justice selon leur humeur ou en raison de leur accointance avec une des parties en conflit. Nous sommes dans ce cas où dame Olga Mensah, convaincue d’escroquerie, un délit que, selon un agent ayant assisté à son interrogation dans les locaux du SRI, elle a reconnu, a réussi à retourner le parquet de Lomé en sa faveur. Ne nous demandez surtout pas comment !
L’un des reflets de la démocratie est sans doute l’état de la justice dans un pays. Mais si des quidams peuvent se permettre, de par leur position, de tordre le cou au droit au nez et à la barbe des premiers responsables, sans que ceux-ci n’osent lever le petit doigt, alors il y a problème. A moins que l’actuel ministre, qui plus est, un homme du corps, ne se décide à arrêter l’unilatéralisme de certains magistrats qui tiennent mordicus à s’incruster à leur poste afin de mieux tisser leur toile. Il serait temps qu’ils aillent voir ailleurs ! Et cela vaut également pour le président du Conseil supérieur de la magistrature qui est plus prompt à sauter sur des dossiers vides qu’à sanctionner de vrais magistrats indélicats. Dans ce dossier, il se dessine une situation de conflit d’intérêt au Procureur de la République. Et si le droit tarde à être dit, obligation nous sera faite d’appeler un chat un chat. Parce que dame Olga Mensah ne serait pas à son coup d’essai. Affaire à suivre de près.
Source : Abbé Faria, Liberté N°2334 du Mardi 06 Décembre 2016

Togo : Escroquerie, faux et usage de faux : Olga Mensah arrêtée pour escroquerie puis relaxée par le capitaine Atèkpè du SRI. Le Directeur de la Gendarmerie, Massina Yotroféï, a pourtant demandé de la déférer…

Certains individus usent et abusent de la confiance d’autres citoyens, et lorsqu’ils sont interpellés, ils font appel à leurs relations pour se soustraire de la justice. C’est le cas de dame Olga Mensah, responsable des « Ets Planète et Fils ».

L'escroc Olga Mensah | Photo : La Nouvelle
L’escroc Olga Mensah | Photo : La Nouvelle
Arrêtée le 16 septembre dernier par les éléments du Service de Recherche et d’Investigation ( SRI ) de la Gendarmerie nationale après une longue cavale, Olga Mensah qui use de son apparente gentillesse pour endormir ses victimes a été relaxée sur ordre du capitaine Atèkpè, au motif qu’elle aurait présenté des garanties attestant qu’elle ne se soustrairait pas à la rigueur de la loi. Seulement, pour échapper à la justice, elle aurait déjà obtenu un visa Schengen. L’officier de Gendarmerie Atèkpè répondra-t-il des faits d’escroquerie, faux et usage de faux que dame Olga Mensah aurait reconnus dans les locaux du SRI et qui sont sus du Colonel Massina Yotroféï, Directeur de la Gendarmerie nationale? Le Procureur de la République saura-t-il prendre les dispositions nécessaires pour faire rentrer la plaignante dans ses fonds à hauteur de treize (13) millions FCFA ? La justice togolaise est une fois encore à la croisée des chemins.
Si le parquet laissait s’échapper dame Olga Mensah, c’est la plaignante qui se mordrait les doigts d’avoir fait confiance à la justice togolaise. Le 14 septembre dernier, un soit-transmis N°5346/PR/2016 signé d’Essolissam Poyodi, Procureur de la République, a été délivré aux éléments du SRI suivant les pièces ci-après désignées : « lettres plaintes du 13 septembre 2016 contre Olga Mensah pour abus de confiance, escroquerie, faux et usage de faux, pour enquêtes et poursuite si les faits sont établis ». Le soit-transmis a requis d’« exécuter les indications du parquet ». Les connaisseurs comprendront. Mais en quoi consistent les plaintes et que reproche-t-on à dame Olga Mensah ?
Voici les lettres de la plaignante adressées au Procureur de la République
« Plainte pour escroquerie faux et usage de faux »
Monsieur le Procureur de la République,
Au mois de mai dernier, j’ai croisé Mme Olga Mensah dans un salon de coiffure. Je l’avais connue auparavant par l’intermédiaire d’un certain M. Djondo. Très vite, elle se rapprocha de moi et se mit à ma disposition pour mes courses et autres besoins. Elle fit preuve d’une extrême gentillesse, notamment en me faisant souvent à manger. Elle me fit part de ses prétendues immenses souffrances et déboires dans sa vie familiale et professionnelle. Elle serait victime de la méchanceté et des pouvoirs spirituels de sa sœur aînée. Elle se plaignait en outre d’être victime d’exploitation par une famille influente dont les membres se serviraient d’elle sans pitié. Après m’avoir longuement apitoyée sur son sort, elle me proposa une affaire de commerce de biscuits.
Prise de compassion pour elle, je pris la décision de m’associer à elle dans ladite affaire. Elle aurait déjà pratiqué ce commerce dont elle maitrisait tous les contours selon ses propres dires. C’est ainsi qu’elle me proposa une participation financière de 10 millions francs CFA représentant la moitié de la valeur de la commande selon la facture pro forma émanant de l’usine. Après avoir signé une convention sous seing privé avec elle, je fis un dépôt de 10 millions de francs CFA sur son compte de la BIA Tokoin Trésor le 20 juin 2016, cette somme étant destinée a être virée sur le compte du fournisseur: Best Biscuits au Maroc. Sur mon insistance, elle me présenta au gérant de la banque.
Le conteneur de biscuits devrait arriver au port de Lomé à la mi-juillet 2016. Au début du mois d’août, le conteneur n’étant toujours pas là, et face à mes inquiétudes, elle prétexta un retard dû au manque de diligence de l’usine. Je lui demandai de me donner le contact d’une personne ressource de l’usine afin que je puisse prendre attache directement avec elle. C’est à ce moment qu’elle me proposa toujours, selon elle, pour me mettre entièrement en confiance, un voyage sur le Maroc afin de rencontrer les responsables de l’usine.
Je pris en charge nos deux billets pour le Maroc ainsi que notre séjour et divers. Arrivées au Maroc, elle m’abandonna dans l’hôtel, me tourna en bourrique et quitta le pays sans moi.
J’ai donc compris la dangerosité de cette dame, et dès mon retour à Lomé, je lui demandai alors le connaissement relatif à la marchandise. Elle me remit une photocopie de connaissement qui se révéla être un faux fabriqué de toutes pièces. Elle me présenta à un transitaire censé sortir la marchandise du port le 08 août 2016. Après mon départ, le transitaire m’appela et me fit comprendre qu’il craint d’être considéré comme complice d’une escroquerie, il m’avoua qu’il s’agit d’une manœuvre et qu’il n’était pas au courant d’une arrivée quelconque de conteneur de biscuits. C’est de là que j’ai compris qu’elle m’a fait partir au Maroc tout en sachant qu’elle n’a passé aucune commande de biscuits et qu’elle a détourné les 10.000.000 (dix millions) de francs CFA à des fins personnelles et inconnues.
A ce jour 13 septembre, je suis sans aucune nouvelle de Dame Olga Mensah et tous ses numéros de portables sont inaccessibles. J’en déduis que j’ai été victime d’escroquerie et c’est pour cette raison que je dépose entre vos mains une plainte pour ESCROQUERIE FAUX ET USAGE DE FAUX.
Je tiens à vous rappeler, Monsieur le Procureur de la République, que Dame Mensah me doit à ce jour la somme de 10 000 000 (dix millions) de francs CFA, somme d’argent que j’ai déposée sur son compte plus la somme de 1.831.000 (un million huit cent trente et un mille) francs CFA, représentant la somme que j’ai avancée pour l’achat de nos billets et la prise en charge de notre séjour au Maroc. Cette somme étant censée être déduite de nos bénéfices avant tout partage. Mme Olga Mensah m’est redevable à ce jour et à ce titre d’une somme totale de 11 831 000 (onze million huit cent trente et un mille) de francs CFA.
La plaignante.
« Plainte pour abus de confiance faux et usage de faux »
Pour compléter mon dossier de plainte contre Mme Olga Mensah, je viens déposer entre vos mains cette 2eme plainte pour abus de confiance, faux et usage de faux. J’avais expliqué dans ma première plainte que cette dame me fit partir au Maroc et m’abandonna à l’hôtel pour rentrer seule à Lomé. Avant notre départ pour le Maroc, j’ai séjourné en France. Depuis la France, j’ai demandé à ma banque, la SIAB de remettre une somme de 4.000.000 (quatre millions) FCFA à dame Olga Mensah en vue de couvrir nos dépenses au Maroc. A son arrivée au Maroc, au lieu de me remettre la totalité, elle me fit comprendre qu’elle a remis une somme de 900. 000 (neuf cent mille) FCFA pour payer le transitaire censé sortir la marchandise au port de Lomé, alors même que le but de notre visite au Maroc était de permettre le déblocage de ladite marchandise pour la convoyer vers le Togo. C’est ainsi qu’elle me laissa dans le dénuement total au Maroc, me privant de la somme de 900. 000 (neuf cent mille) FCFA qu’elle a détournée. Plus grave, alors même que mon banquier lui a remis l’argent au mois d’août, elle me présenta une reconnaissance émanant du prétendu transitaire datant du 14 Juillet 2016. Le transitaire nie avoir reçu une quelconque somme des mains de dame Olga Mensah. J’en déduis, Monsieur le Procureur de la République, que j’ai été victime d’escroquerie et d’abus de confiance. Je dépose donc en l’espèce cette deuxième plainte entre vos mains pour abus de confiance aggravé faux et usage de faux.
La plaignante.
Ainsi dans la journée du 16 septembre 2016, des éléments du SRI ont réussi à mettre la main sur cette dame. Mais le capitaine Atèkpè en charge du dossier a jugé bon de relaxer dame Olga Mensah au motif que le Procureur de la République serait absent et qu’elle aurait présenté des garanties de se présenter aujourd’hui devant le parquet.

La Une du journal Liberté No. 2284 du Lundi 26 Septembre 2016
La Une du journal Liberté No. 2284 du Lundi 26 Septembre 2016
Mais seulement, d’énormes doutes subsistent quant aux garanties que cette dame aurait présentées. Parce que lorsque le capitaine Atèkpè présente un document d’une autre commande de biscuits comme étant celle disputée, il se trouve que cette commande émane d’une autre personne dont l’avis d’opération de virement date du 24 août 2016 et qui est libellé à l’ordre de la même société productrice, Best Biscuits Maroc. Ainsi, à y voir de près, le capitaine Atèkpè aurait fait preuve de légèreté en libérant la dame. Puisque la commande pour laquelle les plaintes ont été déposées, devrait arriver en juillet. Pire, un message dont nous avons eu connaissance indique qu’en réalité, la commande de biscuits serait bien arrivée et qu’Olga Mensah l’aurait écoulée lors des luttes Evala en pays Kabyè.
Rappelons que pour se rendre au Maroc auprès de la société productrice de biscuits, il était prévu que la plaignante prenne le vol le 13 août et devance dame Olga Mensah ; mais le jour du vol, l’agence de voyage Soraya l’a rappelée pour reporter son vol de 48 heures, permettant à l’escroc présumé de la devancer. Sans aucune explication de la part de cette agence. Sur instruction de dame Mensah ? Certainement.
De retour du voyage au cours duquel dame Olga Mensah a fatigué la plaignante et l’a abandonnée dans son hôtel, sans aucun moyen pour revenir, le trajet Maroc-Lomé ayant été effacé de la base de l’agence Suraya, cette dernière l’a sommée de lui rembourser tous ses frais, sommation à laquelle elle aurait répondu qu’elle se fout de la convention qui les lie, ajoutant: « Tu peux aller là où tu veux ! ». Dans ce sens, une très proche de dame Olga Mensah a confirmé qu’elle disposerait de réseaux pouvant la sortir de prison. La preuve en est que dans un passé récent, lorsqu’elle avait commandé une cargaison de poulets avariés que les autorités avaient détruite, elle a joué sur ses relations pour se sortir d’affaire. Reste à déterminer les relations haut placées qui la protègent et l’encouragent dans ses basses besognes.
Lorsque des éléments négatifs cumulent en défaveur d’une seule personne, le travail devient aisé à la justice d’établir la vérité. Lorsque les deux partenaires d’affaires devraient se rendre au Maroc sur proposition de dame Olga Mensah pour suivre l’état d’avancement de la commande, la plaignante l’a sollicitée de lui rendre un service avant d’arriver au Maroc, mais celle-ci a prélevé 900.000 du montant au motif que cette somme aurait servi à payer un transitaire chargé de s’occuper des formalités au port de Lomé. Pourquoi alors avoir fait voyager la plaignante ? Il se révèlera plus tard que ce transitaire n’a jamais existé. En août, la plaignante qui n’avait pas encore réalisé le type d’associée à laquelle elle avait à faire, l’a chargée de lui régler une facture d’électricité. Mais le chèque libellé au nom de la CEET a plutôt servi à régler des impayés de dame Olga, et lorsqu’ordre lui a été intimé de rembourser le chèque indûment encaissé, celle-ci a émis un chèque sans provision en date du 3 septembre 2016.
Le dernier élément qui atteste que l’arnaque orchestrée par dame Olga Mensah était préméditée, vient des services de la banque où le virement des 10 millions FCFA  a été effectué. Parce que des sources bancaires, on apprend que juste après qu’elles ont quitté la banque d’où le virement a été fait au nom des Ets Planète et Fils pour le compte de Best Biscuits Maroc, Olga Mensah y est retournée seule et en catimini pour y effectuer un retrait en espèces de 8 millions sur les 10. Autant d’éléments que le capitaine Atèkpè n’ignore pas. Et pourtant.
Au Togo, il est fréquent qu’une plaignante se retrouve dans la peau d’une prévenue, juste parce que ceux qui sont censés faire régner l’ordre, ont été « retournés ». Devant la tournure que prenaient les évènements le 16 septembre, la plaignante a prévenu qu’elle pourrait porter l’affaire dans les médias afin que chacun se fasse une idée de la manière dont cet officier de l’armée règle ces genres de problèmes. Mal en a pris à la plaignante. « C’est quoi la presse, c’est qui la presse ? Est-ce la presse qui dirige ce pays ? J’ai tous les droits, et puis quoi ? L’escroquerie est une pratique courante dans le domaine des affaires », sont les mots que le capitaine Atèkpè aurait jetés à la figure de la plaignante. Nous avons voulu vérifier les dires de celle-ci et avons joint le capitaine au téléphone. A l’en croire, un rapport a été établi et adressé à son supérieur et au Procureur, absent. Mais que toutes les garanties ont été prises pour faire comparaître dame Olga Mensah devant le Procureur ce lundi. « Mais si elle n’est pas contente, je n’ai rien à cirer, mon directeur est au courant. Et si elle persiste à porter l’affaire dans la presse, c’est à ses risques et périls ». Ce sont entre autres les propos que le capitaine nous a tenus au téléphone. Mais aurait-il réalisé par la suite qu’il s’adressait à la presse ? Le capitaine a rappelé pour nous demander de faire en sorte que nos échanges téléphoniques ne soient pas rendus publics. Malheureusement pour lui, comme pour une arme, le coup est déjà parti et nous ne voudrions pas nous rendre complice de menaces sur la vie d’une citoyenne par notre silence. Le capitaine dit-il la vérité lorsqu’il déclare avoir rendu compte? Le doute est permis, puisque selon les informations, le Colonel Massina Yotroféi qui a reçu la plaignante, après avoir vérifié auprès de ses agents que les faits sont avérés, aurait dit qu’il faut respecter la loi et donc déférer la prévenue le mardi 20 septembre. Que s’est-il passé entre-temps pour qu’elle soit libérée derrière la plaignante et le Procureur?
Et si Olga Mensah ne se présentait pas et disparaissait? Parce que des éléments troublants lui offrent cette possibilité. Des sources concordantes pensent qu’elle aurait obtenu au moins un visa Schengen dans son passeport et pourrait se faire la belle sous le nez et la barbe de la justice ; la plaignante n’aurait plus que ses yeux pour pleurer et se mordre les doigts d’avoir fait confiance en la justice togolaise et au SRI. Le capitaine pourra-t-il répondre en cas de fuite, lui qui a aussi échangé avec le transitaire cité par dame Olga Mensah et qui lui a juré n’être en rien concerné par les propos et magouilles de la dame ? Des témoins dont l’Adjudant Bakaï et la plaignante ont assisté à ces échanges téléphoniques qui se sont déroulées via le haut parleur du téléphone.
La justice à deux vitesses est monnaie courante au Togo. Des citoyens ont été arrêtés pour des peccadilles sur ordre du parquet en fins de semaines et des officiers de police judiciaire se sont arrangés pour les maintenir en détention jusqu’à lundi afin de les présenter à la justice. Mais dans cette affaire d’escroquerie, d’abus de confiance, de faux et usage de faux et d’émission de chèque sans provision où la prévenue a reconnu les faits retenus, il a suffi qu’elle passe des coups de fil pour que le capitaine qui, au demeurant, serait un militaire de formation, se décide à la libérer sans l’avoir présentée au parquet. Heureusement qu’il existe désormais une justice militaire qui devra déterminer si la procédure suivie par le capitaine est la norme, ou si ce sont des pressions qu’il a subies avant de s’exécuter. Celui-ci a contacté la plaignante afin qu’elle se présente aujourd’hui au SRI –sans préciser l’heure- pour qu’ensemble avec Olga Mensah et les agents du SRI, ils se rendent auprès du parquet. Comme si la plaignante ne connaît pas le tribunal de Lomé. On ne veut pas croire que le directeur du SRI est effectivement informé de toutes les démarches entreprises par le capitaine Atèkpè avec ses propos tenus devant la plaignante.
Source : Abbé Faria, Liberté No. 2284 du Lundi 26 Septembre 2016

Tuesday, December 6, 2016

TOGO / Passer d’une égalité des genres juridique à une égalité de fait

Passer d’une égalité des genres juridique à une égalité de fait 
  Les pays africains dont le Togo doivent encore beaucoup d’efforts en matière d’autonomisation de la femme. Selon les chiffres du rapport sur le développement humain en Afrique de 2016 réalisé par le PNUD, les africaines affichent un niveau de développement humain équivalant à 87 % seulement de celui des Africains. Le rapport a été présenté lundi à Lomé.
Dans les détails, il ressort que les femmes en Afrique occupent 66 % des emplois dans le secteur informel non agricole et ne gagnent que 70% pour chaque dollar gagné par un homme. De même, seulement 7 à 30 % des entreprises privées sont dirigées par une femme.
Toutes choses qui font dire aux experts du PNUD que les disparités entre les genres coûtent à l’Afrique subsaharienne 95 milliards de dollars US par an soit plus de 6% du Produit intérieur brut, PIB.
Khardiata Lo Ndiaye, la représentante du PNUD au Togo a expliqué que le rapport du PNUD analyse les facteurs politiques, économiques et sociaux qui entravent la promotion de la femme en Afrique et propose des politiques et des mesures concrètes pour combler l’écart entre les genres.
"Autonomiser la femme togolaise, c'est assurer le développement humain de toute la famille. Autonomiser la femme togolaise c'est réussir le pari d'une éducation de qualité pour les filles et les garçons. Autonomiser la femme, c'est augmenter sa contribution à la croissance économique et arrimer durablement le Togo au quai du  développement accéléré", a-t-elle déclaré.
Au Togo, la situation n’est pas meilleure même si les actions mises en œuvre ont fait progresser l’Indice de développement humain, IDH et de gagner 4 places dans le classement mondial en 2014. Le Togo est le premier pays au sein de l’UEMOA en termes d’indice de développement humain et 3e en termes d’indicateur de développement de genre. Mais l’inégalité de genre reste un obstacle majeur au développement humain du Togo.
"Il s’agit notamment de corriger la contradiction entre la législation et la pratique afin de passer d’une égalité des genres juridique à une égalité de fait, de rompre avec les normes sociales préjudiciables aux femmes et de transformer les cadres institutionnels discriminatoires, en vue de garantir la participation économique, sociale et politique des femmes", a déclaré le ministre de la planification du développement Kossi Assimaidou.
Le ministre a réitéré l’engagement du gouvernement à mettre en œuvre les recommandations du rapport pour maximiser l’apport des femmes dans l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD).
TOGO BREAKING NEWS

Togo: Un mort et 5 blessés dans un accident à Togo 2000

Un malheureux drame s’est produit dimanche autour de 20 heures GMT devant l’entrée principale du Centre togolais des expositions et foire de Lomé, CETEF. L’accident a coûté la vie à une femme enceinte et 5 autres personnes ont été gravement blessées.
L’accident a été causé par une voiture venant de la zone Bè-Kpota et qui aurait foncé droit dans la foule alors que le chauffeur ait perdu le contrôle du volant.
Selon le Service de communication du CETEF, on dénombre un mort, une femme enceinte selon plusieurs témoins, et au moins cinq autres blessés graves.
Les blessés ont été urgemment évacués par les sapeurs-pompiers. Le chauffeur serait entre les mains des forces de l’ordre déployées au niveau du Cetef pour assurer la sécurité

Le Correcteur - N° 734


Liberté - N° 2333


Monday, December 5, 2016

Togo : Seul pays ouest-africain sans alternance démocratique !

La Gambie incarnait jusqu’à ce 02 décembre 2016, avec le Togo en Afrique occidentale, les deux derniers Etats ouest-africains dans lesquels ne s’est pas encore opérée une alternance pacifique et démocratique. Depuis la défaite électorale de Yahya Jammeh, cette donne a changé. Un nouveau jour se lève pour la politique ouest-africaine.
Caricature : Donisen Donald / Liberté
Caricature : Donisen Donald / Liberté
Depuis 22 ans, en Gambie, les élections présidentielles n’avaient pas connu un autre vainqueur, outre l’imposant Yaya Jammeh. Au Togo, après l’assassinat toujours non élucidé de Sylvanus Olympio (père de l’indépendance togolaise le 13 janvier 1963), Eyadèma Gnassingbé lui a succédé officiellement à partir d’avril 1967. A sa mort le 05 février 2005 et après une présidentielle émaillée de plusieurs violences macabres, Faure Kodjo E. Gnassingbé lui a succédé.
Les scrutins présidentiels à un seul tour organisés entre le 24 avril 2005 et avril 2015 ont certes été gagnés officiellement par Faure K. Gnassingbé, ancien ministre et député sous son regretté père. Cependant, de 2005 à 2015, les présidentielles au Togo ont toujours été sujettes à des vives contestations, avec des anomalies décélées ici et là, avant, pendant et après le vote ou durant le processus de proclamation des résultats. Des anomalies qui remettent généralement en cause la sincérité des résultats sortis des urnes, en dépit des dénégations officielles s’époumonant de démontrer le contraire.
Une chose est certaine; toutes les conditions n’ont jamais été réunies pour qualifier la succession d’Eyadèma Gnassingbé de démocratique. Une réalité qui enferme le Togo dans une exception dont il est désormais le seul porte-étendard en Afrique occidentale, depuis le séisme politique de ce 2 décembre 2016 en Gambie!
Un peuple, une histoire, une famille
Le cas togolais frappe davantage l’attention par le fait que la dernière victoire électorale de l’opposition en République togolaise remonte à 22 ans; soit la durée du règne de Yahya Jammeh! Donne qui noircit davantage ce tableau, le pays dirigé depuis 11 ans par Faure Gnassingbé est l’un des rares sur le continent à avoir tourné le dos, depuis 30 ans, à l’organisation des élections locales sur son territoire.
Désormais doyen des Chefs d’Etat d’Afrique de l’ouest, à 50 ans, Faure Gnassingbé, discret tacticien politique et habile gestionnaire des ressources humaines qui pérennisent son pouvoir, devra composer avec ce statut de leader régional.
“Un cadeau empoisonné” dont il aurait aimé se passer dans une sous-région dans laquelle les voisins  directs du Togo que sont le Bénin, le Ghana sont cités parmi les bons élèves de la démocratie en Afrique. Cependant, contrairement aux 14 autres Etats de la CEDEAO + la Mauritanie, Faure Gnassingbé a encore devant lui une marge de manœuvre politique…
Et pour cause; il a en face de lui une opposition togolaise veule, dépourvue de ressources financières conséquentes ou appauvrie, et qui néglige la diplomatie dans sa quête de l’alternance pacifique. Plus grave, cette même opposition donne depuis plus six ans dans la dispersion de ses énergies, pratique une palinodie intéressée et ne jure que par la loi du «diviser pour régner». Le tout, face à une population soigneusement paupérisée. Autrement dit, Faure Gnassingbé a pour l’heure comme principal adversaire politique Faure Gnassingbé! A moins que le peuple togolais accélère le cours de l’histoire politique de son pays, en annonçant les couleurs de la présidentielle de 2020, à la faveur des prochaines locales (devenues une Arlésienne), et surtout lors des législatives de 2018…
Source : Bella Edith, Afriquinfos