Wednesday, July 31, 2013

Après les législatives, l’opposition et le pouvoir s’accusent de fraudes

Togo - Faut-il en rire ou en pleurer ? C’est la question que se poseront certains qui ont suivi sur les ondes de nos confrères de Radio Victoire fm ce mercredi matin, le débat entre un responsable du parti présidentiel UNIR déclaré vainqueur des Législatives du 25 juillet dernier et un autre de la Coalition Arc-En-Ciel, un regroupement de partis de l’opposition politique togolaise, arrivé en troisième position. En fait, intervenant six jours après le scrutin et au lendemain de la publication officielle des résultats provisoires, Florent Manganawè de UNIR et Jean Kissi, tel dans un jeu de ping-pong, se sont renvoyé les accusations de fraudes dont les partis dont ils défendent respectivement la cause se seraient rendus coupables. « Ce scrutin était truqué. Reste aux gens eux-mêmes de prendre leur responsabilité. Nous aussi, nous ne considérons pas qu’un recours va entraîner quoi que ce soit. Parce que, que vous le vouliez ou non, la Cour constitutionnelle est inféodée au pouvoir. Le problème du Togo, c’est le pouvoir et les institutions. Mais ce n’est pas montrer le peuple du doigt. Le peuple togolais est félicité partout. Mais c’est le pouvoir là qui est décrié partout. Nous n’avons pas d’institutions justes au Togo, il n’y a pas de justice au Togo. La justice est inféodée au pouvoir », c’est la conviction de Jean Kissi, tête de liste de Coalition Arc-En-Ciel dans le Vo et Secrétaire national du CAR. Pour les renvois d’accusation de fraude que le parti présidentiel a formulés par la voix de M. Manganawè, le nouvel élu pour siéger à l’Assemblée nationale togolaise justifie le rafle des trois sièges de Vo par son regroupement, par le fait que « ce n’est pas nous qui avons organisé les élections mais nous sommes populaires. Si c’est nous qui avons organisé les élections dans le Yoto, on peut dire que nous avons fraudé. Nous avons gagné dans le Yoto des élections que nous n’avons pas organisées. Nous ne demandons pas autre chose, que nous ayons une CENI équilibrée. Que le gouvernement prenne sa moitié et que l’opposition prenne sa moitié ». Il a d’ailleurs poursuivi en faisant constater que « si aujourd’hui le Togo ne s’est pas embrasé, c’est parce que nous, nous aimons notre pays. Parce que je vous ai donné l’exemple du jeune qui a été arrêté à Agbaohonou. Ce jeune, il est rapporteur du BV (Bureau de vote) désigné par UNIR, parce que le président était de l’opposition, il est de UNIR. Et il changeait avec son bic les résultats du BV ». « Les gens ont voulu lui mettre le pneu au cou. Si ça c’était passé, vous imaginez comment ça va entacher les élections ? Si vous apprenez le jour des élections à 16 h que quelqu’un a été brûlé dans le Vo parce qu’il falsifiait les résultats des élections, vous savez ce que ça aurait pu produire dans ce pays ? », ce sont là des interrogations aussi formulées par Jean Kissi. Loin de rester silencieux, sans réaction face au doigt accusateur qui est pointé sur le parti de Faure Gnassingbé, Florent Manganawè n’y est pas allé par quatre chemins pour renverser la vapeur. « Quand on dit qu’il y a bourrage, et tout ceci et tout cela, je veux bien qu’on m’en donne la preuve. Ce sont des affirmations qui sont nées de la débordante imagination de la tête de nos collègues de l’opposition. Tout simplement pour dénigrer notre victoire. Et ça on le sait. Mais en tout état de cause, qu’il y ait comme Jean Kissi le dit, quelqu’un qui s’est levé de son propre chef pour réagir pour ceci ou pour cela, ça c’est son problème. Ça n’engage que lui, ça n’engage pas UNIR. Et ça n’entache pas la crédibilité de l’ensemble du vote national. Comme je le dit, le Togo ne se résume pas à Vo. Qu’il y en ait un qui ait fait quelque chose là-bas, ici aussi à Lomé, je peux vous en citer. Que ce soit à Adamavo Azikpévi, que ce soit à l’EPC Anfamé, que ce soit à Pa de Souza, il y a eu des choses, et moi je ne voudrais pas en parler », a révélé ce membre du parti au symbole de la Colombe blanche dans un ciel bleu. Poussant la curiosité, pour savoir si on doit déduire que le parti présidentiel a été aussi volé par l’opposition, le journaliste en a eu sa réponse. « Oui bien sûr. Quand on interdit à nos gens mandatés d’aller s’asseoir, comment vous appelez ça ? Quand vous avez désigné quelqu’un pour vous représenter dans un bureau de vote et qu’on lui interdit l’accès, vous appeler ça comment ? Pourquoi on l’a fait ? Qu’est-ce que ça cache ? », s’est demandé M. Manganawè. Si la position de la Coalition Arc-En-Ciel reflète bien celle du CST (Collectif Sauvons le Togo), un autre regroupement de partis politiques de l’opposition et d’organisations de défense des Droits de l’Homme, arrivé en deuxième position selon les résultats proclamés par la CENI, il y a lieu de croire que la bataille ne sera pas du tout facile dans la prochaine Assemblée même si l’opposition y sera en minorité. « Que vous le vouliez ou non, si vous maintenez ces résultats comme ça, on se verra à l’Assemblée. Même si on a un plus bas nombre de députés qu’avant l’Assemblée ne sera pas facile pour eux », a promis Jean Kissi. Bon à suivre ! G.K, Lomé Telegramme228

TOGO::COMMUNIQUE DE PRESSE OBUTS DU 30 JUIILET 2013

ACHARNEMENT POLITIQUE ET VIOLATION DES DROITS HUMAINS Dès après les législatives du 25 juillet 2013, le pouvoir en place administre au jour le jour, avec une mauvaise foi consommée, l’étendue du dédit dont [il] est capable. Que valent les derniers engagements auxquels le pouvoir en place avait souscrit lors du dialogue politique du 09 juillet 20...13 sous la facilitation du Président de la CVJR, Mgr Barrigah et de l’Ambassadeur des USA au Togo, M. Robert Whitehead ? Depuis la proclamation des résultats provisoires des législatives par la CENI le 28 juillet 2013, le Président National de la formation politique OBUTS, monsieur Agbéyomé KODJO, est à nouveau l’objet de tracasseries itératives aussi soudaines qu’étonnantes. C’est ainsi qu’après avoir été empêché de sortir du territoire national le 28 juillet 2013 à la frontière de Hilla Kondji alors qu’il se rendait à une conférence internationale à Cotonou, (BÉNIN) à l’invitation de Comité National du Forum Francophone des Affaires, monsieur Agbéyomé KODJO a de nouveau été interdit de sortie du Togo le mardi 30 Juillet 2013, vers 15 heures en dépit du fait, qu’il fut munie d’une autorisation de sortie du territoire national, en bonne et due forme, régulièrement délivrée le 1er juillet 2013 dont la validité expire le 31 juillet 2013, par monsieur le Doyen des Juges d’Instruction près le TGI de Lomé. Ses titres d’identité et de voyage ne lui ont été restitués qu’après une heure d’attente au motif que la hiérarchie des services de la police aux frontières n’a pas donné d’autorisation dans ce sens. Or, l’accord politique intervenu du 09 juillet 2013 à l’issue du dialogue politique qui a pris fin à cette même date, avait réglé la question de la liberté de mouvement des leaders politiques abusivement inculpés dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé et Kara ! Le Bureau Politique de la formation politique OBUTS élève une vive protestation contre l’acharnement et les tracasseries en tout genre dont est victime [son] Président National, monsieur Agbéyomé KODJO, et condamne la violation permanente des droits humains au Togo ainsi que le bafouement des lois de la République et de la dignité des leaders politiques de l’opposition. Le Bureau Politique de OBUTS invite toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier à rester mobilisés pour faire échec au nouveau coup de force électoral que vient de perpétrer le pouvoir en place, décidé à mépriser les légitimes aspirations du Peuple togolais. Le Secrétaire Général Clément BOESSI

TOGO Banque du Vatican: un prélat accuse des cardinaux dont celui qui a décoré Felix-Kodjo-Sagbo

Mgr Nunzio Scarano, le prélat du Vatican arrêté pour malversations financières, a accusé jeudi des cardinaux d'avoir couvert des "abus" financiers commis par ses "supérieurs laïcs" au Vatican, dans une lettre adressée au Pape François. "Les documents en ma possession sont autant de preuves de mon honnêteté et des batailles que j'ai menées contre les abus de mes supérieurs laïcs couverts par certains cardinaux", écrit Mgr Scarano dans le courrier adressé au Pape François et cité par l'agence ANSA. Le prélat, arrêté le 28 juin par la police italienne et soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire pour des virements suspects à travers la banque du Vatican (IOR), rejette toute responsabilité sur la direction de la banque. Le prélat salernitain précise que les opérations bancaires qu'il a effectuées au IOR, l'ont toujours été "sur les conseils de la direction" et de "ces messieurs les dirigeants". "Saint Père, je n'ai jamais blanchi d'argent sale, je n'ai jamais volé, j'ai cherché à aider des personnes qui demandaient de l'aide", plaide Mgr Scarano depuis sa cellule de la prison romaine de Regina Coeli. L'ex-chef de la comptabilité de l'APSA, l'agence qui gère le patrimoine du Vatican, assure être en possession de documents prouvant sa bonne foi et demande à pouvoir les "remettre" au Pape en personne. L'ex-comptable de l'APSA avait été suspendu de ses fonctions au sein du Vatican un mois avant son arrestation. Selon la police, il masquait "le bénéficiaire réel des opérations (effectuées à travers des comptes qu'il contrôlait, ndlr) et il entravait la traçabilité de ces sommes d'argent". Selon les enquêteurs, Mgr Scarano a aussi utilisé des comptes bancaires de l'IOR pour procéder à des virements pour le compte d'amis à lui, notamment pour rapatrier de Suisse 20 millions d'euros issus d'une fraude fiscale pour une famille d'armateurs napolitains. Le pape François a lancé une reprise en main de l'IOR (Institut pour les oeuvres religieuses), banque mêlée dans le passé à plusieurs scandales. Fin juin, il a institué une commission formée de quatre religieux et une laïque chargée d'inspecter l'IOR et de proposer une réforme dont les grandes lignes devraient être connues en octobre. Il a aussi nommé Mgr Battista Ricca, au poste de "prélat" de l'IOR, une sorte de numéro deux qui a un droit de regard absolu. Mais l'hebdomadaire italien l'Espresso a révélé la semaine dernière des détails troubles sur les "frasques homosexuelles" de Mgr Ricca, immédiatement démenties par le Saint-Siège. Selon le vaticaniste de l'Espresso, le pape Francois aurait cependant été particulièrement irrité de constater que les services du Vatican lui aient caché des informations significatives dans le dossier du prélat avant sa nomination. La lettre adressée par Mgr Scarano au Pape traduit un climat de profondes dissensions au sein du Vatican. Le prélat explique par exemple avoir demandé audience au cardinal Angelo Sodano, doyen du collège cardinalice, mais en avoir été empêché par un de ses responsables "fourbe" et "rusé", Mgr Giorgio Stoppa, un des dirigeants de l'APSA. Dans une de ses homélies matinales, en avril, quelques semaines après son élection, le Pape François avait estimé que le IOR était "utile jusqu'à un certain point". Mgr Nunzio Scarano, le prélat du Vatican arrêté pour malversations financières, a accusé jeudi des cardinaux d'avoir couvert des "abus" financiers commis par ses "supérieurs laïcs" au Vatican, dans une lettre adressée au Pape François. | - Félix Kodjo Sagbo, les insignes de Grand Croix de l'Ordre de Saint Grégoire le Grand. C'est la plus haute distinction honorifique civile du Vatican. Une cérémonie s'est déroulée il y a quelques jours à la Nonciature apostolique de Bruxelles. Cérémonie présidée par Mgr Karl-Josef Raubert, Nonce apostolique en Belgique. Etaient également présents, Mgr André Dupuy, représentant du Vatican auprès de l'Union européenne, le président du Comité des ambassadeurs des pays ACP, des responsables politiques belges et de la Commission européenne.

Tuesday, July 30, 2013

TOGO:: Boycotter l'assemblée ou négocier une cogestion

Accrochés de toutes leurs forces aux honteux privilèges indus, les angelots du RPT viennent d’appliquer à l’opposition la règle de la “fraude légale”. Tout y est passé: un dialogue à la hussarde, mitraillette sur la table, la bénédiction conjuguée d’un prélat et de mandants blancs, un mince report de quatre jours et, ce fut le vote. Le vote des morts, des animaux domestiques, des mineurs et des étrangers. Le bourrage des urnes venu en apothéose et le tour est joué: UNIR – le parti qui n’a pas encore tenu son congrès constitutif – rafle la mise et devient majoritaire. C’est à peine légal! Faure peut en tout cas se féliciter de n’avoir pas brûlé les marches pour rien. La fin justifiant les moyens, il a réussi à avoir le beurre, l’argent du beurre et la culotte de la crémière. L’extravagante et indicible manœuvre du pouvoir de s’accaparer une nouvelle fois de l’assemblée nationale est à la fois une insulte et un singulier tour de force. Dans cet indicible capharnaüm, c’est Gilchrist Olympio qui a le plus perdu. Telle une vieille chaussette usée, l’homme que le RPT a utilisé pour les besoins de sa démocratie est désormais dépouillé de tout. Son honneur, le prestige de son nom et ses électeurs l’ont tous quitté. Il ne reste à la honteuse épave humaine qu’à recourir au cyanure pour s’infliger la peine de mort qui est, depuis la nuit des temps, le prix de la trahison. Quant au pays, il reste suspendu à des interrogations sur les jours à venir. Le sort fait à Gilchrist Olympio par ses alliés est bien prévisible et ne peut en connaissance de cause constituer un sujet d’intérêt. Par contre, c’est celui des partis d’opposition qui préoccupe. Qui nécessite de sérieuses réflexions. À tout prendre, on pourrait se demander finalement s’il est encore utile de participer à des élections organisées par le RPT. Pour l’opposition, trouver une réponse à cette question est un vaste programme politique qu’elle doit aborder avec tout le sérieux que cela requiert. N’empêche, ce sera bientôt une nouvelle guirlande de guignols qui vont s’agiter dans tous les sens, créer des embouteillages monstres sur le boulevard qui dessert la présidence. Des zélateurs au sourire niais vont frétiller à l’idée d’occuper quelques misérables portefeuilles ministériels. Et ce sont ces genres de sarabande autour de la mangeoire qui plongent notre pays dans une régression sans précédent. À en croire certains tuyaux crevés de diplomates et observateurs borgnes, aussitôt relayés par des thuriféraires locaux, l’élection qui vient de se tenir est signe de bonne santé démocratique ! On ne peut pas passer sous silence le jeu trouble qu’a joué RFI pendant la couverture de ces législatives. Aussi bien pour cette radio ou l’on compte de moins en moins de journalistes de valeur que pour ces observateurs vénaux que l’UA et la CEDEAO envoient se pavaner dans les hôtels, rien que du très normal pour une République bananière, où même les bananes sont inaccessibles aux affames à qui la République n’a rien à offrir que la débauche, le désespoir, la dépression mentale, bref la misère. Vue sous tous ses angles, ce coin de terre agitée, bruyante, dangereuse et désordonnée qui nous sert de pays ne va pas. Ce serait contraire à sa nature de s’éclipser de l’actualité pour cause de bonne conduite. Une nation fait des choix. Etre en harmonie en tant qu’entité nationale vivant sur le même territoire ou avoir en commun des histoires permanentes a démêler les unes des autres. Entre les deux, Notre pays a choisi les histoires dont certaines, à l’instar des législatives du 25 Juillet, sont à dormir debout. Fabre, Agbéyome, Ajavon et autres Adjamagbo ont, sur le terrain, fait un travail admirable: le peuple est désormais entièrement sensibilisé et a fini par connaitre dans toutes leurs limites et dimensions le RPT et la famille Gnassingbé. Mais ces leaders ont eu tort de se laisser conduire à une élection dont les résultats sont connus avant le vote et visibles de loin. Aujourd’hui, c’est c’est dame Angèle qui est aux anges. Mission accomplie pour la maitresse d’œuvre de la trappe tendue par le pouvoir. Son mandant, Faure Gnassingbé, peut se frotter les mains. L’opposition était mal partie mais quand le vin est tiré, il faut le boire. Parce que l’heure est trop grave pour qu’on jette le manche après la cognée. Le CST, Arc-en-ciel et tous les opposants engagés dans cette course inégale que beaucoup de leurs partisans ont largement contestées peuvent encore agréablement surprendre. Ils ont encore entre leurs mains une arme redoutable, capable de faire mal, de dérouter le camp adverse et chambouler ses prévisions. Il s’agit du boycott pure et simple de l’Assemblée Nationale. Mais le risque est réel que certains électrons facilement corruptibles fassent faux bond à l’ensemble et sapent l’esprit de groupe. Au cas où le RPT maintient de faire valider les faux chiffres par la cour constitutionnelle de son militant Assouma, l’opposition a la possibilité de refuser d’aller occuper les sièges qui lui seront arbitrairement attribués. A quoi peuvent servir les députes de l’opposition dans une assemblée hostile ou leur présence va se réduire à valider un système de fraude, à légitimer une assemblée factice qui n’émane nullement de la volonté populaire? C’est le moment ou jamais d’user des voies et moyens les plus extrêmes, des actions de fer, susceptibles de gripper une fois pour toute la broyeuse du RPT qui profane le bulletin de vote, banalise les électeurs. L’exercice est difficile. Il est même périlleux parce l’argent achète tout désormais au Togo. Certes, l’opposition n’a rien à perdre! Au cas contraire, si cette action choc n’est pas à portée de main, elle doit alors tenter de négocier la cogestion du pays jusqu’à la prochaine présidentielle de 2015. Cette dernière stratégie dont les chances de succès sont infimes à cause du caractère gourmand du RPT nous conduit, s’il en est besoin, a un passage du livre de Barack Obama, “Dreams from my father”. Dans ce passage riche en enseignements, Colo, l’époux de la mère de Barack, un Indonésien, tient les propos suivants: Les hommes se comportent exactement comme le font les pays. L’homme le plus fort prend la terre du plus faible. Il fait travailler le plus faible dans sa propriété. Et lorsque l’épouse du plus faible est belle, le fort la lui arrache… Et Colo de demander au jeune Barack: “lequel entre le faible et le fort aimerais-tu devenir quand tu seras grand ?” Voyant le fils de son épouse confus et muet, Colo, le papa indonésien du Kenyan Hussein, poursuit sa réflexion: Vaut mieux être fort, mais au cas où tu ne peux pas l’être, sois habile et rusé. Et si possible, négocie la paix avec le plus fort tout en veillant à ce que cette paix te profite aussi. Toutefois, conclue le père, c’est toujours mieux d’être fort soi-même, toujours. Etre fort! C’est la seule quête qui reste à entreprendre. Comment et pour quel objectif ? S’il est vrai que la lutte que Zeus et ses amis mènent vise à sortir notre peuple qui crève dans le gouffre profond, ils doivent trouver une réponse à cette question: comment devenir fort ! Ceci n’est pas une vue de l’esprit, mais un constat qui doit déterminer l’issue finale de la lutte. Kodjo Epou Washington DC USA

Friday, July 26, 2013

TOGO::Législatives au Togo: l'Unir et le collectif Sauvons le Togo en tête

Le dépouillement des votes dans une école de Lomé, le 25 juillet 2013.
Le dépouillement des votes dans une école de Lomé, le 25 juillet 2013.
RFI / Olivier Rogez
Par RFI
Au Togo, les premiers résultats du scrutin sont tombés dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 juillet, au siège de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Des résultats encore partiels, mais qui laissent entrevoir une tendance claire : les deux principales formations que sont l'Unir, le parti au pouvoir, et la coalition Sauvons le Togo, dirigée par Jean-Pierre Fabre, sont en tête, l'Unir devançant le CST. Il est cependant encore trop tôt pour avoir des projections en sièges.

Alors que la parti du président Faure Gnassingbé, l'Unir, semble en passe de réussir à conserver son leadership sur l’échiquier politique, la coalition Sauvons le Togo, emmenée par Jean-Pierre Fabre et son parti l’ANC, confirme qu’elle occupe désormais une place prépondérante au Togo.
Au vu des résultats partiels, elle dépasse largement, en termes de voix, l’autre coalition de l’opposition Arc-en-Ciel qui n’a pas réussi la percée espérée. Mais surtout la formation de Jean-Pierre Fabre, qui est principalement une dissidence de l’UFC de Gilchrist Olympio, vient de donner une amère leçon à ce dernier.
L’Union des forces de changement perd en effet beaucoup de terrain au profit de l’ANC, l'Alliance nationale pour le changement. Les électeurs ont sanctionné Gilchrist Olympio et sa politique d’alliance avec le pouvoir, comme ce fut le cas de la CPP en 1994 et 2005, et du CAR en 2006 après l’accord politique globale.
Une bipolarisation du paysage politique togolais

Au regard de cette première tendance, on peut déceler un changement générationnel dans la classe politique togolaise. L'Unir, le parti présidentiel est largement composé de nouvelles têtes, tandis du côté du CST Jean-Pierre Fabre s’affirme comme la figure de proue incontestable.
A deux ans de la prochaine présidentielle, ces législatives, qui étaient d’une certaine façon une répétition générale, ont le mérite de clarifier considérablement l’échiquier politique. Reste à connaître la répartition en siège de chacune des listes et à savoir si ces résultats seront acceptés de tous

Thursday, July 25, 2013

TOGO: Encore des élections à la togolaise

« Un bien acquis par fraude ne profite jamais longtemps » (Sophocle, Oedipe à Colone) Il y a un peu plus de huit ans, les Togolais ont connu une violence électorale inouïe qui a fait entre 400 et 500 morts selon les Nations Unies, plus de 800 morts d’après la Ligue togolaise des droits de l’Homme. Une situation qu’ils ne veulent plus revivre sur la « Terre de nos aïeux » et ceux qui sont arrivés au pouvoir à la faveur de ces tueries, ont promis de rectifier le tir. Mais on a l’impression aujourd’hui que les gouvernants surfent sur ces traumatismes pour imposer l’omerta dans le cadre de chaque compétition électorale. Au lieu de faire les réformes politiques nécessaires et organiser des élections transparentes, crédibles et acceptées par tous, Faure Gnassingbé et son bataclan restent dans la logique de conservation du pouvoir par tous les moyens. Pour eux, un scrutin transparent et crédible, c’est celui à l’issue duquel aucune goutte de sang ne tombe. C’est ainsi qu’au cours de la campagne, les candidats d’UNIR n’ont cessé de marteler qu’il faudrait, au nom de la préservation de la paix, avaler tous les résultats qui seront proclamés. En effet, le scrutin d’hier est une véritable foire aux fraudes. Tout a été fait par la CENI pour démobiliser les électeurs des zones acquises à l’opposition. Bien que certains bureaux de vote aient été déplacés d’un lieu à un autre, aucune mesure n’a été prise pour informer à temps les populations. Ce n’était que vers 14h que certains ont pu retrouver les bureaux dans lesquels ils devraient accomplir leur devoir civique. A la suite de recherches infructueuses, d’autres sont carrément rentrés. Même l’escroquerie organisée par la CENI en collaboration avec Togocel et qui consistait à connaître son bureau de vote en envoyant le numéro de sa carte d’électeur au « 1010 », s’est révélée un canular. Ce numéro a craqué face à la demande. Que dire de ces bulletins déjà entachés ou portant des consignes de vote qui ont été remis aux électeurs ? De plus, les problèmes d’absence des listes d’émargement dans plusieurs bureaux de vote et de retard dans l’ouverture des bureaux de vote se sont posés avec acuité. L’encre indélébile présentée bruyamment a perdu son « indélébilité » dans certains bureaux de vote. Nous ne passerons pas sous silence les votes multiples, le vote des étrangers et des mineurs ainsi que l’existence des bureaux fictifs tant à Lomé qu’à l’intérieur. Comme on le dit souvent, « chasser le naturel, il revient au galop » : UNIR qui a remplacé le RPT, n’a fait que remettre « le top 25 des techniques et stratégies de fraudes électorales ». C’est en parlant de ces manquements et des endroits où tout se passait bien – une émission de la Radio Légende qui pourrait amener la CENI et les CELI à anticiper les problèmes et réduire les risques de contestation -, qu’un détachement de la FOSEL a fait irruption dans le studio pour nous évacuer des lieux. Juste un coup de tête inspiré par le ministre de l’Administration territoriale et exécuté par la HAAC, en violation flagrante des textes qui régissent la profession. Pendant ce temps, les autres sont autorisés à animer les mêmes émissions sur leur radio. C’est la raison du plus fort en attendant les résultats du « vote des bêtes sauvages ». C’est ça, un scrutin apaisé et transparent au Togo. Zeus AZIADOUVO

Togo/Législatives du 25 juillet : L’Opposition critique déjà, Unir serein

 Les Togolais sont sortis accomplir leur devoir civique ce jeudi 25 juillet 2013. A mi-parcours du vote, l’Opposition dénonce déjà une mauvaise organisation du scrutin.
Dans la droite ligne des appréhensions qu’il a formulées hier autour de l’éclatement à la dernière minute des bureaux de vote, le CST (Collectif sauvons le Togo), par la voix de sa tête de liste dans la circonscription électorale du «Grand Lomé» (Jean-Pierre Fabre), a encore dénoncé ce jeudi des anomalies pouvant être sources de tensions dans le cadre de  ces législatives 2013. Jean-Pierre Fabre a très précisément énuméré le « retard constaté dans l’ouverture de certains bureaux de vote, leur multiplication injustifiée, et beaucoup de dysfonctionnements en général dans l’organisation du vote». Il reste « toutefois optimiste sur l’issue du scrutin », a-t-il confié à « Afriquinfos » ce 25 juillet, un peu avant 9h dans le quartier Kodjoviakopé, sud-ouest de Lomé, après avoir glissé le bulletin dans l’urne. « Il ne s’agit que d’une répartition dans les centres de vote », a commenté et critiqué au micro d’«Afriquinfos » la ministre Bernadette Legzim-Balouki, candidate Unir (au pouvoir), après avoir accompli son devoir civique dans le quartier Aflao-Gakli (banlieue ouest de Lomé). «Nous appelons les populations à la patience pour retrouver les nouveaux bureaux de vote dans lesquels elles ont été déplacées. On ne peut pas conclure à des soupçons de fraudes sur la base de cet éclatement des centres de vote », a poursuivi Mme Balouki, ancienne Directrice du budget national.
 «Il fallait respecter un nombre donné de votants par bureaux de vote, d’où l’éclatement intervenu », justifie un responsable de bureau de vote rencontré à Aflao-Gakli. Avant d’admettre que ce chamboulement de dernière minute a suscité de protestations de la part de certains électeurs. A titre d’exemple, indique-t-il, des électeurs inscrits dans le centre de vote d’Aflao-Gakli ont été déplacés  à près de 3km de là.
Vœux d’apaisement après le scrutin
« Seuls les opposants peuvent vous expliquer ce qu’ils mettent dans le mot "fraudes"dont ils parlent. D’ailleurs, les populations font confiance au processus électoral, raison pour laquelle elles sont sorties massivement mobilisées aux premières heures du jour », renchérit Ahoefa Dédé Ekoué, ministre de l’Environnement, colistière de Mme Legzim sur la liste Unir dans le «Grand Lomé».
Vers 11h25, après s’être acquitté de son devoir de citoyen (à Lomé, dans le centre de vote d’« EPP Camp G. G. Eyadèma », le président de la République, Faure Gnassingbé (premier responsable d’Unir), a souhaité que « le processus électoral en cours s’achève dans la sérénité », en dépit des difficultés qu’a connues l’organisation. Toujours dans la capitale togolaise, Gilchrist Olympio (ex-opposant charismatique au défunt président Eyadèma Gnassingbé) s’est félicité de l’affluence constatée dans les bureaux de vote et s’est « dit satisfait ».
L’ambassadeur du Nigeria au Togo (Sunday Adoli) dont le président (G. Jonathan) a joué aux missions de bons offices de dernières minutes dans la préparation des législatives togolaises de ce jour a pour sa part émis le vœu « que cette consultation électorale apporte la paix au Togo, car toutes les conditions sont réunies pour ce faire ». Manque de listes d’émargement dans des bureaux de vote, des lampes à la place du courant électrique, des délégués de partis absents dans des centres de vote, insuffisance d’urnes sont des griefs qui se sont recoupés auprès d’électeurs dans plusieurs bureaux de vote à Lomé, dans la matinée de ce 25 juillet.
En marge de la tenue du scrutin de ce jour, « Afriquinfos » a appris la fermeture de « Radio Légénde Fm » (station privée, l’une des radios les plus écoutées à Lomé). « On ne nous a signifié aucun grief sur la base duquel on a procédé à la fermeture de notre station », confie un journaliste de cette chaîne. Des attroupements d’auditeurs de cette station sans heurts devant des éléments des forces de l’ordre ont été signalés aux alentours du siège de ce média, en début d’après-midi.
Pour la première fois sous l’ère Faure Gnassingbé, les frontières du Togo n’ont pas été fermées ce 25 juillet, à la faveur de ces législatives. La CENI (Commission électorale), pour la première fois également dans l’histoire électorale du Togo compte, sous le coup de 21h TU, organiser une soirée électorale durant laquelle elle envisage de publier, heure après heure, les premières tendances qui seront issues des urnes.
Selon la CENI (Commission électorale), environ 7.600 bureaux de vote sont mis à la disposition de quelques 3 millions de Togolais en âge de voter. Ces législatives sont déterminantes dans la préparation que feront les principales composantes de la classe politique togolaise de la présidentielle de 2015.

Afriquinfos