Tuesday, April 5, 2016

Togo :: Conclusions des 3ème et 4ème rapports de l’ITIE-Togo Pas de défaillances mais des insuffisances constatées



Permettre au public de saisir les conclusions et de discuter des 3ème et 4ème rapports de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE-Togo) portant sur les données des années 2012 et 2013. C’est l’objectif poursuivi par le comité de pilotage de cette initiative en procédant jeudi dernier, à Agora Senghor de Lomé, à la dissémination desdits rapports. Ce qui donne le coup d’envoi des disséminations de ces rapports dans les régions administratives et dans les localités d’exploitation minières du pays du 31 mars au 17 avril 2016.
A s’en tenir à ce rapport produit par le cabinet Moore Stephens, 37 entreprises à l’instar de la SNPT, de WACEM, de Scantogo Mines, de Pomar, de BB Vital, de l’Etoile du Golfe, du SGM et autres ont été pris en compte. L’on peut retrouver ces différentes entreprises selon le rapport dans les secteurs tels que les hydrocarbures, les mines et eaux, commercialisations et substances précuises. En 2012 et en 2013, ces entreprises ont produit des revenus de plus 15 milliards puis de 22,4 milliards de FCFA avec une contribution de 15,7 milliards puis de 22,3 milliards dans le budget de l’Etat. Parmi ces entreprises la SNPT se classe 1ère avec une contribution de 39% en 2012 et de 37% en 2013.
Ces chiffres cachent malgré tout des insuffisances plutôt que des défaillances qui sont à l’origine des écarts significatifs constatés, a souligné Karim Lourimi du cabinet Moore Stephens et présentateur du rapport lors de la rencontre. « On a relevé certaines insuffisances plutôt que des défaillances », a-t-il dit. Ces insuffisances, a-t-il poursuivi, sont relatifs à l’absence de déclaration de certaines entités et aux procédures appliquées au niveau de certaines entités publiques d’où des recommandations afin de corriger ces insuffisances.
En termes de recommandations, l’on note l’encouragement des services des impôts et de la douane à systématiser l’application de quittances automatiques, l’accélération du texte d’application concernant la redevance pour l’extraction de l’eau, l’amélioration de la collecte et des diffusions des statistiques à jour sur le secteur extractif entre autres.
Pour le Coordonnateur de l’ITIE-Togo, la publication des rapports dans le secteur extractif est une exigence des normes ITIE pour lever le voile sur les paiements que les industries extractives ont effectué à l’Etat et sur les recettes perçues par les régies financières de l’Etat auprès de ces industries. La publication de ces rapport constitue également à en croire le Coordonnateur, une occasion à l’équipe ITIE « d’organiser des débats publics avec les communautés et avec les citoyens des régions administratives » afin d’avoir les avis des uns et des autres.
Michel A. / F.S

Lacs / Festival Dunono 2016 Aného, pôle d’attraction des chants et danses folkloriques



Festival de danses folkloriques Dunono, Tonyoè, Fo Mélé Ready et les mérites de Nana Fm. Ces quatre grandes activités sont devenues depuis presque sept ans, des activités indispensables sur l’agenda de la structure de promotion culturelle Nana Média Culture. Ainsi, mercredi dernier, même si toutes n’ont pas déjà la même durée de vie (certaines sont à leur 7ème édition, le cas de Dunono Aného 2016, alors que d’autres sont à leur 2ème édition, exemple de Tonyoè et Fo Mélé Ready), ces quatre activités ont été lancées à Lomé par cette structure culturelle et la Radio Nana Fm.
Au cours d’une cérémonie riche en chants et danses folkloriques et qui a connu la présence effective du ministre togolais en charge de la Culture, Guy Madjé Lorenzo et de l’Ambassadeur d’Egypte au Togo, le promoteur et Directeur général de Nana Média Culture, Ferdinand Affognon n’a pas dérogé à la règle de faire connaitre à l’assistance, le thème annuel de la 7ème édition du Festival Dunono Aného 2016. Il s’agit d’après lui de « Réunissons-nous, Réconcilions-nous et Reconstruisons le Togo ». Il a justifié le choix d’un tel thème par une volonté de se coller à l’actualité liée à la réconciliation nationale mise en chantier par le HCRRUN. Il entend par cette édition mettre une nouvelle fois l’accent sur le vivre ensemble, et cette nécessité de faire sienne la phrase célèbre de l’une des chansons de Mgr Nicodème Barrigah, président de la CVJR, selon laquelle, « la réconciliation commence dans nos cœurs ». Et c’est à cela que M. Affognon invite chacun des Togolais pour cette année 2016.
Lançant officiellement cette édition des activités de Nana Média Culture, c’est un Guy Madjé Lorenzo, sous les charmes de telles initiatives culturelles qui s’est prononcé. « Je tire grand chapeau au DG de Nana fm, pour son opiniâtreté, sa ténacité, depuis plus de dix ans à remettre l’ouvrage sur le tablier. Chaque année, il y a de plus en plus d’activité. Ce qui permet d’englober de plus en plus de groupes cibles. Cette année, nous avons l’activité, Tonyoè, qui prend en compte les pères aussi dans les activités culturelles avec les enfants. L’idée est d’associer autour de nos valeurs culturelles, danses, chants, folklores sur toute l’étendue du territoire national. Cette idée de rassemblée autour de nos valeurs culturelles la nation est une bonne chose, parce que, je pense que la culture véhicule un certains nombre de valeurs. Il est plus facile de partager dans les conditions dans lesquelles cela nous est proposé plutôt que les grands séminaires, que les grands discours, ou tout ce que nous pourrons écrire », ainsi s’exprimait le membre du gouvernement. Et de poursuivre, « le fait que nous apprécions les danses, les chants, les rythmes d’autres régions nous fait rapprocher des gens de ces régions. Il est clair que le langage, connaissant mieux nos autres frères et sœurs, il est plus facile de dialoguer avec eux, de les comprendre, et de partager le besoin de vivre ensemble, de tolérance et de nous enrichir de cette différence qui pourrait nous diviser mais qui ici nous unit. J’ai l’impression une nation mosaïque et notre culture, certains promoteurs culturels l’ont très bien compris et s’efforcent de rassembler toutes ces valeurs, toutes ces cultures dans leurs évènements ». Il a enfin adressé ses félicitations aux entreprises publiques et parapubliques qui soutiennent cette initiatives et d’autres qui réunissent autour des valeurs culturelles du Togo.
A noter que les lauréats de l’édition dernière du Festival Dunono, tels, le groupe Gazo, Kpessea, Arc-En-Ciel, CDE Ezékiel… l’artiste Azo Star, ont été une fois encore honorés. Des enveloppes leurs ont été offertes.
G.K / F.S
T228

Monday, April 4, 2016

Togo :: Un projet d’extermination des populations de villes et villages de la côte en perspective


Alors que les populations des villes d’Aného, Kpémé, Agbodrafo, et villages de Nimagna, Goumoukopé, Gbétiogbé, Agbavi et autres n’ont pas fini de pleurer les affres des quais, surtout du troisième qui a fait engloutir une bonne partie de leurs superficies dans la mer, et une importante partie encore sous la menace de l’être, voilà que l’on annonce un projet de création d’une île artificielle aux larges de Lomé. Selon nos confrères de Republicoftogo, ce projet de création d’une île artificielle au large de Lomé (à 1,2km de la côte) dont le cerveau est l’architecte croate Dragan Nikolic, qui devra être examiné fin avril par le gouvernement consiste en fait à créer « une île artificielle de 8km2 avec hôtels, logements, commerces, bureaux, équipements sportifs, services, centre de conférence (2.000 places) et port maritime pour désengorger le PAL (Port autonome de Lomé). La structure urbaine de l’ile est conçue sur l’idée de ‘quartier’ regroupant les différentes typologies de surfaces pour faciliter l’organisation générale et pour créer un esprit d’appartenance grâce aux caractéristiques urbaines et architecturales de chaque quartier ». Et l’on indique dans la foulée que c’est justement pour rendre ce projet possible que les autorités avaient décidé il y a quelques semaines déjà de la création d’une Zone économique exclusive (ZEE).
Si en aucun moment les populations des villes et villages précités comme souffrant des affres de l’érosion côtière souvent provoquée par les projets de constructions au niveau du Port de Lomé, elles ont en tout cas fort à craindre une nouvelle fois pour leur avenir vu que dans cette nouvelle initiative en vue, l’on parle de l’érection d’un quai spécial devant permettre aux bateaux de croisière d’accoster au niveau de l’île flottante ou artificielle en question.
Reste dès lors à savoir si un projet qui devra encore ajouter aux souffrances des paisibles populations comme celui de cette île artificielle en vaut la peine. En tout cas, avec une telle initiative, tout porte à croire que c’est une programmation de l’extermination des populations des villes et villages de la côte pour le bonheur de certains riches qui est en projet alors même que ces Togolais ne demandent que des actions pour repousser un peu plus l’eau.
T228

Togo :: Le Parti des Togolais outille les femmes d’Atakpamé sur « droits de la femme et développement »


  Atakpamé, 160 km au nord de Lomé ; c’est la ville qu’a choisi le Parti des Togolais ce week-end pour poursuivre son programme de formations civiques. Cette fois-ci, ce sont les femmes de cette localité qui étaient les cibles de ce parti.

« Droits de la femme et développement », c’est autour de ce thème que s’est déroulé le séminaire qui a rassemblé plus d’une centaine de femmes dans l’évêché d’Atakpamé ce dimanche. Ce séminaire, à en croire Mme Lovenou Yélomè Pauline, Déléguée régionale Plateaux-Est du Parti des Togolais, est organisé pour « célébrer en différé » la journée internationale de la femme.

Les femmes jouissent-elles de leurs droits dans notre pays ? En quoi les droits de la femme peuvent contribuer au développement du pays ? Ce sont, entre autres, interrogations qui étaient au centre des débats, dirigé par Me Célestin Agbogan, Avocat à la Cour. C’est d’ailleurs lui qui a livré la communication sur le thème du jour.

« La femme est la principale actrice du développement. Mais les discriminations de la femme dans nos sociétés empreintes à des tabous et autres considérations, ont fait que la femme perd le rôle prépondérant qui est le sien », a indiqué Me Célestin Agbogan.

Pour lui, la femme en général (fille ou femme au foyer) doit jouir des droits au même titre que l’homme. La femme a droit à la santé. Ici, l’orateur a déploré les traitements réservés aux femmes dans les formations sanitaires, surtout lorsqu’elles veulent accoucher. « Le droit de la femme est alors bafoué dans les centres de santé », a-t-il déclaré.

La femme a également le droit à l’éducation. Et il n’est pas question, à l’en croire, de privilégier les garçons au détriment des filles, dans les études. Sur ce point, Me Célestin Agbogan regrette que le gouvernement ne mette pas en place une véritable politique de promotion de l’éducation de la jeune fille.

« Et lorsque ces filles sortent d’une famille pauvre, elles n’arrivent pas continuer l’école. Aussi, les distances entre l’école et les lieux d’habitation, découragent surtout les filles. Une politique de construction des bâtiments scolaires dans les coins du pays doit être mise en place », a suggéré Me Agbogan.

Les femmes reconnaissent, elles-mêmes, que leurs droits sont violés, surtout après avoir suivi l’exposé de l’avocat. Cette prise de conscience a été remarquée au cours des débats où les femmes ont donné des témoignages, exposé les situations qu’elles vivent quotidiennement. Elles ont souhaité d’ailleurs que l’initiative se répète dans leur localité.

« C’est parce qu’il n’y a pas de respect des droits de la femme que le développement tarde à arriver chez nous. C’est nous qui tenons nos familles, la société. Sans la femme, pas de développement. Il faut qu’on revoie notre situation et tout va marcher dans le pays », a confié Mme Albertine, revendeuse au marché d’Agbonou à Atakpamé.

Pour Nathaniel Olympio, Directeur du cabinet du président du Parti des Togolais, il faut que les femmes se sentent concernées par les questions de développement du pays. Cela doit passer d’abord par la connaissance de leurs droits.

Ce séminaire rentre dans le programme de formations et d’informations initié par le Parti des Togolais. Il vise à renforcer les capacités des différentes composantes de la société togolaise, afin qu’elles soient mieux outillées pour comprendre et participer aux débats publics, sociaux, économiques et politiques. icilome

Sunday, April 3, 2016

Les locales au Togo Le CRAPH appelle les paysans à la mobilisation


Candidatures, éligibilité, élections : le patronat politique a su bien trouver des termes appropriés pour assujettir le prolétariat paysan, longtemps dominé à la manière du rapport nord-sud d’avant indépendances. Les appréhensions malhonnêtes et dominatrices provenant des populations urbanisées à l’endroit du paysan tirent leur légitimité de la promiscuité des centres éducatifs dits modernes et de niveau supérieur qu’elles bénéficient. Nul n’ignore que les hameaux, loin d’être dotés d’infrastructures éducatives adéquates, se contentent de hangars difficilement achevés pour l’éducation. La politique étant perçue comme l’affaire de la classe élitiste, ou dans une large mesure, des intellectuels, pas besoin d’un autre alibi pour prendre en otage le destin de toute une communauté totalement éclipsée quand il s’agit de postuler pour les différents rendez-vous électoraux.
En revanche, la même communauté est très courtisée lorsqu’il est question de solliciter ses suffrages. Autrement, elle participe à ces grandes compétions avec en amont l’étiquette de non-alignée au regard de son statut d’ « intellectuelle limitée ». En aval, elle est l’actrice de premier rang en raison de sa forte mobilisation. Elle constitue donc un bétail électoral. Ce troc des rôles donne naissance au règne absolu des cumulards, ces experts qui confisquent le monopole du discours politique, économique, social et philosophique. Ils s’en sont faits vraiment un monopole.
La politique ne peut plus être un art d’agrément, encore moins une activité de prestige. La position du Comité de Réflexion et d’Action pour la Promotion des Droits de l’Homme (CRAPH) n’est pas synonyme d’un ressentiment désapprobateur à l’égard du politique.
DU CHAMP A LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE ?
Jusque-là, la machine tient bon. Car, le pasteur à l’échelon national doit avoir le background requis, intellectuellement comme culturellement, pour se tailler une place de choix dans un monde plus moderne qu’il ne fut jamais. Le président de la République ne doit pas seulement maîtriser les valeurs culturelles de son pays, il a l’obligation de s’inscrire dans un conglomérat où l’intellectualisme va de paire avec la diplomatie internationale. Son imposition au plan international au profit de son pays tient compte indubitablement et d’une certaine manière de ses aptitudes intello-culturelles assorties d’un leadership avéré. D’où l’assèchement des paysans au milieu des prétendants à la course pour la présidence. De ce qui précède, la classe paysanne ne peut pas, et ne doit pas être en rupture de banc avec l’élite.
Sous un autre angle, si le prolétariat paysan a conscience de réclamer l’égalité des chances sans contester, ou plutôt imposer une autre définition de la compétition à connotation capitaliste, il ne mesurera son mouvement qu’au succès médiatique. Combattre cette prééminence, ce déséquilibre est possible. Mais alors, comment pourrait-on être efficace contre un système s’il se trouve, par ailleurs, que l’on est pour rien ? Le rôle inavoué de l’élite est justement de maintenir cette puissance de choix. Par contre, elle ne doit pas perdre de vue qu’ « un chef de guérilla qui a conscience de n’avoir pas dû la victoire à l’aide extérieure, mais aux partisans jaillis du terroir à son appel, ne craint pas de se montrer indocile aux injonctions du dehors. Il a la capacité, il a l’obligation, d’ouvrir une voie nationale, conforme au génie de son peuple. »
Ici, l’éducation dont le paysan doit se prévaloir pour se tailler une place au sein des grands n’est pas forcément liée à la manière classique du processus de scolarisation. Cette éducation-là peut ressembler à l’exercice d’une profession assorti d’études. Des personnalités à travers l’histoire ont bien choisi cette alternative. De ce point de vue, la classe paysanne n’est pas encore exclue totalement de l’équipe dirigeante bien qu’elle soit à la traine, n’est-ce pas ? Tout est question d’abnégation et de sacrifice. Encore faudrait-il que les conditions de vie et de travail des paysans leur offrent la possibilité de résoudre outre mesure l’équation champ-éducation si ce n’est en faveur de leur progéniture.
LA BARRE REPOSITIONNEE, LA MAYONNAISE NE PREND PAS TOUJOURS
La classe paysanne, telle que conçue sur la terre de nos aïeux, est loin, très loin de la présidence de la République. Atteindre ce point culminant est l’œuvre d’un dévouement sans commune mesure. Il est vrai que Mao Tse-tung de la Chine soit passé du champ à la présidence. Avec la foi, ce qui parait irréel devient rationnel. Mais cette assertion relève d’une autre espace. Puisque le paysan dont il est question ici ne cumule pas études et travaux champêtres. Loin d’être polyvalent, il est tout simplement, pour toute sa vie, uni-disciplinaire : le champ.
Si devenir président est une affaire élitiste, la députation n’exige pas autant de rigueur et d’abnégation. Dans les textes afférents à l’éligibilité aux différents postes électifs, celui du président requiert une certaine fermeté. Le député n’est pas forcément celui qui doit s’inscrire au rang de l’élite proprement dite. Savoir parler et écrire la langue officielle demeure la condition sine qua non. D’ailleurs, par ironie, l’on affirme qu’il suffit de savoir adopter l’attitude conformiste pour être éligible à ce poste. Ce, en raison du fait qu’appartenir à un groupe parlementaire est synonyme d’inertie en matière d’initiatives. L’adoption des textes passe souvent par le vote à main levée. Se conformer aux recommandations de son groupe parlementaire revient à s’aligner pour le vote d’une loi. Ce mouvement d’ensemble pour-contre-abstention ou de main levée apporte de l’eau au moulin à des langues indélicates qui taxent certains de députés muets ou moutons ; bien qu’il y ait des individualités qui sont des identités remarquables au parlement. L’indignation était au comble lorsqu’il s’était agi de revoir à la hausse le nombre de députés, nombre qui est passé de 81 à 91. D’autres également se sont montrés hostiles à la décision relative à l’augmentation de leur salaire.
Malgré cette fonction à portée de main, tout est mis en œuvre pour exclure subtilement les paysans de la course alors qu’il y en a qui ont le niveau requis et qui n’ont rien à envier à leurs porte-paroles à l’Assemblée nationale. Le patronat politique à l’appétit vorace réussit alors le pari. Pour parvenir à ses fins, toute initiative ou candidature en dehors des partis politique est jugée de deux sortes : si ce n’est pas l’opposition qui y voit une main du pouvoir derrière, c’est le pouvoir qui taxe de non-aligné. Cette aventure est parfois passible de châtiment par quelque moyen que ce soit. Tout dépend des moyens mis en œuvre par le « non-aligné ». Aussi, les partis taxés de menus fretins n’échappent-ils pas, dans la plupart des cas, à cet acharnement suicidaire. De ces pratiques en promotion, les mentalités sont condamnées à demeurer dans le confinement bien défini par des insatiables.
Pas un seul élément qui échappe à la loupe politique. Tout respire plus politique que jamais. Par conséquent, des images misérabilistes sont collées à la paysannerie pour l’écarter du jeu, ce qui l’a rongée de l’intérieur. Le pari est gagné, l’objectif est atteint, le politique en sort vainqueur. Pire, nonobstant cette mise en quarantaine, le paysan n’est même pas au cœur des préoccupations à l’hémicycle. Alors que ses doléances ont été inscrites dans l’agenda des candidats pendant la campagne électorale à l’intérieur du pays, celles-ci, sous l’effet du vent, sont souvent emportées sur le chemin du retour. Car, ce ne sont pas en réalité les préoccupations essentielles des prometteurs.
Au Togo, le paysannisme n’est pas prêt de s’inviter à l’hémicycle tant les attaques politiciennes sont toujours assorties d’artilleries lourdes. Le « campagnard », bien qu’il ait aussi des choses à faire valoir, se retranche dans son champ. Là au moins, il règne en maître. Quoi qu’il constitue un des maillons essentiels pour le développement du pays, son ignorance le contraint à prier humblement d’autres de s’exprimer à sa place. Les mandataires saisissent l’opportunité et s’offrent le luxe, non pas toujours dans l’intention que l’on pourrait supposer à de tels actes, mais dans l’espoir que plus de voix soient séduites de par leurs prouesses pour les prochaines joutes électorales. L’« intelligentsia paysanne » est vraiment à rude épreuve.
Selon les statistiques, environ 70% de la population sont paysans. Il n’est pas longtemps, on parle de l’autosuffisance alimentaire assurée par les mêmes paysans. Quel pourcentage de paysans au gouvernement ? Au parlement ? L’hérésie est trop prononcée, la contradiction est à son comble. Ce contre-sens ne trouve d’explication que dans un monde où la minorité maligne est appelée à s’accaparer de toutes les richesses. Cette minorité est attribuable à tous les acteurs toutes tendances confondues, aux parties prenantes aux différentes instances décisionnelles du pays. Ils sont des représentants du peuple.
Ces élus ont des parents paysans, certes. Mais une fois quitter le milieu, ils sont très vite corrompus par la longue vie urbaine aux réalités autres. A titre d’exemple : la kyrielle d’agronomes disponibles au sortir de l’université préfère plutôt déambuler dans la rue à défaut de se tailler une place dans un bureau que de retourner au champ partager la vie paysanne avec les partenaires d’hier. Ce qui revient toujours à dire qu’aucun interlocuteur ne peut défendre efficacement la cause paysanne que le paysan lui-même au milieu des siens.
En outre, cette exclusion dont est victime le paysan frappe impitoyablement la jeunesse lorsqu’il s’agit de sa représentativité au sein des instances. Autrement, sa présence dans les esprits, nous fait-on croire, n’est pas proportionnelle avec sa représentativité dans les différents organes de l’appareil de l’Etat. La minorité est toujours coupée de la masse. Ce qui confirme une fois encore qu’il y a un hold-up opéré sur la chose politique. Dans le cadre des élections, il est souvent remarqué que les jeunes ne sont pas insérés dans les rangs des politiques faute de moyens et d’expérience, à en croire les « doyens ». Fort de ce subterfuge, la classe politique les manipule tout simplement à son aise.
APPEL A LA MOBILISATION POUR SORTIR DE L’ENGRENAGE
Lorsqu’on s’apercevra que les aînés ne vont pas toujours en politique par conviction et que de nos jours, ils jouent plus sur l’ignorance de la masse que sur la mise en œuvre des idéologies politiques, des grands courants de pensée politiques, on réussira à faire tomber sans grand effort la muraille mythique qui entoure la politique au Togo. Ces aînés ne sont plus des modèles. Leurs partis politiques, faute d’une formation civique continue aux militants, optent plutôt pour le militantisme dans le but de sauvegarder des voix. La chose politique ne doit plus être l’apanage de quelques uns, qui sont pour la plupart à la recherche de repère.
Aujourd’hui, le Togo rentre dans une nouvelle ère : les locales. Elles arrivent incontestablement, incessamment. Après avoir raté les différentes messes électorales, la classe paysanne n’a plus droit à l’erreur. On parle de la démocratie à la base. Fondamentalement, c’est l’affaire de tous, la paysannerie en premier lieu puisque c’est elle qui détient ses propres secrets à la base. Evidemment, le patronat politique s’active déjà pour lui ravir la vedette, comme à l’accoutumée. Il est encore aux aguets pour positionner des militants, souvent parachutés. Le Comité de Réflexion et d’Action pour la Promotion des Droits de l’Homme (CRAPH) lance un appel pressant aux populations à la base afin de prendre conscience de leur rôle prépondérant dans la gestion de la chose communautaire.
Dans les coins reculés, il existe des organisations paysannes, des groupements, des coopératives agricoles très bien organisés et qui n’ont rien à envier aux personnages à col blanc issus des rangs politiques. Le CRAPH, en lançant cet appel, invite ces groupements et coopératives déjà organisés à prendre leur destin en main en postulant pour les locales en perspective. Ils sont plus concernés par le développement de leurs communautés que des partis politiques sans engagement ni conviction par rapport aux problèmes auxquels ils sont confrontés sur le terrain.
Cette fois-ci, le paysan doit saisir l’occasion pour porter son choix sur des personnages qui sont pour quelque chose dans le développement de sa localité. Il est vrai que c’est une compétition politique par essence, mais cela ne l’empêche pas d’y participer en tant que citoyen et acteur de développement.
Sinon quel crédit accorder à un politique face à un acteur qui, depuis belle lurette, prend part activement dans le processus d’émergence de son milieu ? Quand on parle du développement d’une localité, la responsabilité première ne doit et n’incombe pas à quelqu’un qui ne représente que l’ombre de sa formation politique. C’est en cela qu’il urge de s’associer à toute initiative visant à en appeler à la conscience paysanne pour son éveil. Le paysan demeure l’acteur privilégié et incontournable de la gouvernance locale. Ne pas y prendre part, il sera comptable devant l’histoire. Le politique, lui, affûte ses armes pour gérer à sa place. Celui-ci n’est pas tenu de prendre en compte toutes les doléances de celui-là, pratique politique oblige ! Comment peut-on promouvoir la démocratie à la base sans l’implication réelle de la base ? Paradoxe !
Le constat qui se dégage est que le paysan a l’intelligence nécessaire pour la gestion de son milieu, mais le politique aussi a la maligne pour décourager toute entreprise visant à concurrencer la sienne. D’où la mise en œuvre des stratagèmes consistant à détourner le prolétariat paysan de cette accession à la souveraineté locale. Ce qui est sûr, lorsque les groupements, coopératives agricoles et autres se désengagent au profit des partis politiques, on assistera indubitablement aux balbutiements tout au début puisque les dernières élections locales remontent à 1987. La routine en matière de gouvernance locale s’est estompée depuis. En d’autres termes, les nouveaux élus s’essayeront pour une bonne partie de leur mandature parce qu’ils sont en phase avec l’ère du renouveau.
Groupements et coopératives sont confinés dans un rôle traditionnel qui devrait, de nos jours, être redéfini, vu leur prépondérance quand il s’agit de la participation à la construction du pays. Ils doivent aller au-delà de leur rôle d’avant-gardistes de l’autosuffisance alimentaire pour accéder à celui d’acteurs à part entière dans la gestion des affaires de la cité. Nous sommes dans un Etat gâteau où chacun veut prendre sa part sans un véritable engagement. A cela s’ajoute un panurgisme qui ne cesse de marquer l’ascendance. A titre illustratif : les acteurs politiques sont en-deçà, très loin de leur croyance de type magique : tranquillité terrestre, pureté céleste, paix majestueuse, harmonie suprême.
Il serait de bon aloi que la classe paysanne s’invite dans le débat communautaire, étant en territoire conquis au regard de son encrage dans le développement local.
Vue de loin, la chefferie traditionnelle est à même de distinguer les bras valides des « touristes », bras qui sont déjà pour quelque chose dans le développement local. Investie de cette charge, elle pourrait se voir attribuer un quota pour la désignation des élus locaux, quitte aux partis politiques et autres acteurs de se contenter du quota restant. Mais elle souffre énormément d’illégitimité quoique légale. La plupart du temps, la population n’est pas en odeur de sainteté avec son chef traditionnel en raison du mode de désignation de celui-ci. D’où l’invalidation de cette option relative au quota à attribuer à la chefferie traditionnelle.
En participant aux locales, le paysan, rompu à la tâche communautaire, enclenche le processus d’amincissement entre sa classe et celle dirigeante. L’embourgeoisement de plus en plus institutionnalisé au profit de celle-ci maintient celle-là au creux du vase. Longtemps demeurée dans la position de mendiante, la classe paysanne ne peut commencer par s’émanciper que lorsque qu’il y a un éveil de conscience collectif.
Le paysan est confronté à d’innombrables difficultés. Avec l’épineux problème lié au foncier, les surfaces cultivables ne sont plus garanties. L’engrais dont il se sert pour la culture est aux mains du politique. Solliciter celui-ci pour lui venir en aide, la détérioration des termes de l’échange s’invite dans le partenariat : le rapport de force étant à son désavantage, quelques semences et produits chimiques, ajoutés aux outils rudimentaires suffisent pour emporter en échange tout son grenier fait au prix de pénibles efforts. Tout se passe exactement à la manière Nord-Sud en matière commerciale. Personne, si ce n’est lui-même, ne peut valablement faire face à tous ces ennuis. Les locales lui offre, en effet, l’occasion de peser dans la balance. Fini donc l’attitude passive et d’hébétude !
L’instauration de la journée nationale du paysan, au-delà de la fanfaronnade politique, devrait être aussi une des occasions de transcender l’objectif premier assigné à de telles rencontres pour enclencher un mouvement révolutionnaire culturel. Révolution, pas celle sanguinaire, mais mentale. Cet éveil de conscience doit faire voler en éclats ce système clos pour mettre la minorité en union étroite avec le peuple.
Le paysan doit savoir que si méritoires que soient ses efforts, et si brillants que soient les résultats obtenus, il demeurera toujours au fond du gouffre aussi longtemps que l’éclosion d’une pensée nouvelle ne l’affecte.
Dorénavant, le paysan doit choisir de bons leaders, et ce, conformément à la pensée chinoise : « le patron qui ne considère pas comme au-dessous de lui de se livrer au même travail que le plus humble de ses collaborateurs, non seulement s’enrichit lui-même par cette expérience, mais établit avec les membres de l’équipe des rapports d’égalité, qui sont essentiels pour assurer une meilleure participation de tous à la tâche commune. » A l’issue des locales, il ne doit pas être question d’une quelconque spécialisation systématique entre gouvernants locaux et paysans prolétaires. La hiérarchie administrative n’aura exercé qu’une tâche modeste et de coordination. Tout le monde doit être au cœur de l’action afin de sauver notre pays de cette démocratie maladive dont souffrent plusieurs nations.
Le CRAPH entend mobiliser toutes les énergies en faveur de l’approche participative de la classe paysanne, appauvrie et non pauvre.
Pour le Bureau Exécutif
Le Président

Dosseh SOHEY

Togo/Les locales/Suite à la rencontre Faure-chefs traditionnels Des agitations des partis politiques


Le mardi dernier, le chef de l’Etat a eu une rencontre avec les chefs traditionnels du Togo à propos de l’organisation des élections locales. Plus spécifiquement, il s’agit d’attirer l’attention des interlocuteurs sur les découpages territoriaux pour la création des préfectures et communes.
Cette rencontre n’est pas du tout du goût des partis politiques qui réagissent déjà. Pour l’Alliance nationale pour le changement (ANC), au travers de son président Jean-Pierre Fabre, « le chef de l’Etat s’est trompé d’interlocuteurs… C’est nous les partis politiques qui sommes concernés en premier lieu. »
Le « Togo autrement » de Fulbert Attisso va dans le même sens. Pour lui, « la rencontre avec les chefs traditionnels n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais cette rencontre devrait plus s’inscrire dans un cadre de renforcement des capacités. » Autrement, les partis politiques sont les plus concernés quant il s’agit de parler d’interlocuteurs directs.
Même son de cloche du côté du Parti des Togolais qui va plus loin en contestant toujours le fichier électoral non conforme aux réalités sur le terrain.

Friday, April 1, 2016

Elections locales : « Les Démocrates » / Empêchons le passage en force du régime RPT-UNIR



Communiqué

Elections locales : Empêchons le passage en force du régime RPT-UNIR

Le mardi 29 Mars 2016, le pouvoir RPT-UNIR avec à sa tête monsieur Faure Gnassingbé a encore servi au Peuple Togolais Souverain un folklore d’un autre âge en convoquant manu militari les Chefs Traditionnels et autres Présidents de Délégations Spéciales pour leur parler d’une prétendue feuille de route à mettre en œuvre pour l’organisation des élections locales.

Le Parti Politique Les Démocrates s’indigne de ce mépris du pouvoir en place vis-à-vis du Peuple Togolais Souverain et des garants des us et coutumes, un régime dictatorial qui veut toujours faire les choses en l’envers ; du reste le traitement réservé aux Chefs Traditionnels à cette rencontre en dit long sur les intentions inavouées de Faure Gnassingbé d’opérer un passage en force ce qui montre clairement que le processus a du plomb dans l’aile ; sinon :

1 Dans quelles conditions ces élections vont-elles s’organiser ?
2 Avec quel fichier électoral ?
3 Quelles discussions préalables le pouvoir a eu avec la classe politique pour se mettre d’accord sur le découpage des communes ?
4 Avec quelle CENI ?
5 Avec quelle Cour Constitutionnelle ?
6 Etc.

La liste est longue et toute une journée ne suffirait pour égrener toutes ces multiples interrogations, d’où la nécessité et l’urgence d’opérer les réformes prescrites par l’Accord Politique Global.

Le Parti Politique Les Démocrates met donc en garde le pouvoir RPT-UNIR contre cet énième coup de force en préparation et le tiendra responsable de tout ce qui en découlera.

Le Parti Politique Les Démocrates exhorte le pouvoir en place à réhabiliter plutôt les vrais Chefs traditionnels désignés et acceptés par les populations elles-mêmes et ensuite leur conférer le respect qui leur est dû, ceci pour montrer sa bonne foi, avant d’entamer des discussions avec eux sur les élections locales.

La position du Parti Politique Les Démocrates est claire : point n’est besoin d’une quelconque élection avec le RPT-UNIR sans les réformes sérieuses.

Le Parti Politique Les Démocrates appelle donc le Peuple Togolais Souverain et la Diaspora à la vigilance et à une mobilisation générale pour la fin de ce régime dictatorial et cinquantenaire.

Vive le Togo Libéré
Vive Les Démocrates