Friday, March 21, 2014

TOGO::Yves Komlan Dossou, Coordonnateur de SADD : « C’est dans une opacité totale, inexplicable que se passe l’exploitation du fer de Bandjéli »


Au cours d’une conférence de presse hier jeudi à Lomé, les ODDH rassemblées autour de SADD (Solidarité Action pour le Développement Durable) ont dénoncé la situation en cours actuellement à Bandjéli. Au cours de cette rencontre avec la presse, il est ressorti que cette situation de soulèvement contre l’exploitation du fer de Bandjéli était prévisible vu les conditions de travail sont difficiles, qu’il y a pollution de l’environnement et un certain mépris des leurs droits les plus élémentaires des populations de cette zone du Togo, bien que, « les dispositions législatives autorisent la possibilité pour les entreprises qui exploitent dans une localité donnée de pouvoir contribuer au développement local de cette localité ». Mais, c’est à regret que l’on constate que « tel n’est pas le cas à Bandjéli ».
Selon les ODDH, « le contrat de travail qui lie l’Etat togolais à l’entreprise MM Mining n’est pas connu des populations de Bandjéli et donc, c’est dans une opacité totale, inexplicable que se passe l’exploitation du fer de Bandjéli. Voilà ce qui amène les populations à exprimer leur ras le bol surtout que, en matière de l’eau potable, elles n’en disposent pas, les installations sanitaires, scolaires sont vétustes et dans ces conditions, les populations demandent à ce que l’Etat réagisse pour que l’entreprise puisse participer au développement local de Bandjéli ».
L’on trouve justifié le soulèvement des populations quant on sait que « la constitution togolaise a visé un certains nombres d’instruments juridiques internationaux notamment le Pacte international relatif aux droits économiques socio-culturels. D’où le respect des droits économiques socio-culturels des populations. L’Etat togolais a pris un certains nombres d’engagement dans le cadre du protocole d’accord du dialogue social, notamment, l’engagement numéro 3 sur la responsabilité sociale des entreprises, en son point 3 ». « Au regard de ces dispositions, il y a nécessité que l’Etat puisse user de son pouvoir de garant du respect des droits économiques socio-culturels pour aider la population de Bandjéli à sortir de cette situation qui ne fait que perdurer », selon le Coordonnateur de SADD, Yves Komlan Dossou.
Pour faciliter les démarches et permettre aux populations de jouir du fruit de leur sous-sol, M. Dossou et ses camarades défenseurs des droits humains entendent rencontrer le ministre des Mines, celui des Droits de l’Homme, du Travail, un certains nombre de députés, la commission nationale des Droits de l’Homme, le Conseil nationale du dialogue social afin que tous jouent leur partition pour résoudre définitivement le différend entre MM Mining et les populations de Bandjéli.
G.K, Lomé (Telegramme228)

TOGO: 2e et 3e édition Prix togolais de la qualité / La récompense au bout des efforts


Il est organisé ce jeudi dans la salle de conférence de la SAZOF à Lomé, les 2e et 3e édition du prix togolais de la qualité dont 18 entreprises et sociétés évaluées ont été récompensées. C’est une compétition qui s’avère indispensable afin de se tailler une place de choix au sein des organismes dans la sous-région. Car le prix UEMOA de la qualité est organisé tous les deux ans et vise à promouvoir la culture de la qualité dans l’union à travers d’une part, l’incitation des organismes publics et privés à s’engager dans une démarche qualité et d’autre part, la reconnaissance publique et officielle des efforts des organismes les plus méritants en matière de qualité.
Les entreprises sont évaluées selon que l’on soit dans telle ou telle catégorie. Pour la catégorie C, on dénombre des entreprises ayant un effectif de 1 à 20 salariés. La catégorie B regorge des entreprises ayant un effectif de 21 à 100 salariés. Avant d’appartenir à la catégorie C, il faut avoir un effectif de plus de 100 salariés.
Selon les organisateurs, les avantages liés au prix sont entre autres l’évaluation au moindre coût, la communication autour des entreprises candidates et des lauréates, la récompense octroyée aux lauréats, la mise en évidence de la plateforme qualité des entreprises, l’inscription dans les registres, la reconnaissance des entreprises dans l’espace UEMOA.
« Sans conteste, ce processus requiert un changement de comportement et de mentalité dans la production des biens et services en prenant constamment en compte la dimension qualité », à en croire Mme Balouki-Legzim, ministre du Commerce, de la Promotion des petites et moyennes entreprises.
Pour la seconde édition, sont récompensées, la Togolaise des Eaux (TdE), Amexfield Togo Steel, Clinique BIASA, Institut national d’hygiène, cabinet d’avocats Aquereburu and partners, la société d’eau minérale Horizon Clever, office national Sylvia Hundt-Aquereburu.
Pour ce qui est de la 3e édition, les structures suivantes ont été primées : la société de construction de bâtiment et de travaux publics Midnight Sun, la nouvelle société cotonnière du Togo, la société de téléphonie mobile Togocellulaire, la Togolaise des Eaux, Amexfield Togo Steel, imprimerie la Semeuse, la coopérative d’Epargne et de crédit des artisans du Togo (CECA), CFAO Motors, hôtel Christal à Kpalimé, fédération des unions de producteurs de café et de cacao du Togo, radio Nana, restaurant la Moisson à Atakpamé, la société d’eau minérale Horizon Clever et le centre de formation bancaire du Togo (CFBT).
Source: Pa lunion

Thursday, March 20, 2014

TOGO::L’APDHDS de Nicodème Habia rend hommage au « Vodoua »

L’Association « Action pour la Protection des Droits de l’Homme et le Développement Social » (APDHDS) rend hommage à Hilaire Logo Dossouvi, décédé en France la semaine dernière.


Par le biais d’un communiqué dont l’Agence Afreepress a reçu copie, l’APDHDS fait de Logo Dossouvi, affectueusement appelé « Vodoua » une des « références » du mouvement démocratique togolaise des années 1990.

Nicodème Habia, président de ladite association, qualifie le décès du « Vodoua » de « subite » et ajoute que son image restera à jamais dans les mémoires des Togolais.
Pour lui, « malgré tout », le peuple togolais doit lui reconnaître son engagement pour « l’instauration d'un État de droit et un Togo démocratique ».

Le vent de la démocratie qui a commencé par souffler sur le Togo depuis le 5 octobre 1990 a été l’œuvre d’étudiants dont Hilaire Logo Dossouvi.

Mao R.
Afreepress

TOGO::Nicolas Lawson met Jean-Pierre Fabre au défi



Il fut quelques jours, nous vous informions de ce que, à la sortie d’une émission chez nos confrères de Radio Kanal, le président du PRR (Parti pour le Renouveau et la Rédemption), Nicolas Lawson, a été victime d’une tentative d’agression de la part des individuels identifiés suivant les attaques verbales comme étant membres de l’ANC de Jean-Pierre Fabre.
A travers un courrier adressé ce mercredi à la ministre de la Communication, des Arts, de la Culture et de la formation civique, le candidat malheureux à la présidentielle de 2010 juge que, « en vue d’aider à la clarification et permettre à l’opinion publique d’être édifiée, nos compatriotes qui n’ont pas participé aux dernières élections législatives se joignent à nous pour solliciter dès à présent des débats entre les candidats aspirants. Je vous demande respectueusement de faire organiser le premier débat à la télévision nationale (TVT) entre Mr Jean-Pierre Fabre (candidat présidentiel en 2010) et moi-même, Nicolas Lawson (candidat présidentiel en 2003, en 2005 et en 2010) ».
Par ce débat républicain qu’il réclament, Nicolas Lawson entend débattre avec son adversaire politique « de nos visions, de nos projets, de notre foi dans les valeurs démocratiques et nous ferons comprendre à nos militants que la politique ne consiste pas à jeter de l’huile rouge contre les adversaires, à les calomnier, à professer des incantations et des menaces et à refuser des critiques en appelant au lynchage, etc ». « Nous travaillons au PRR pour préserver la paix civile, l’unité nationale et à faire émerger une société de bien-être et respectée à l’extérieur. En faisant organiser ces débats, vous contribuerez amplement au renouveau démocratique et à la paix civile », a poursuivi le communiqué signé par le patron du PRR.
Constats faits par M. Lawson, « les événements politiques dans notre pays suivent leur cours et naturellement la vie n’arrive pas à s’en abstraire. Notre avenir sera encore plus agité et obéré si nous laissons le régime des partis continuer à étaler sa nocivité. Il se noue et se dénoue sans relâche l’écheveau des intrigues, des expressions d’intolérance et des entrainements de violences. Les problèmes de longue haleine comme ceux de l’éducation, de la santé, des logements, de l’environnement et des réformes économiques et sociales sont ajournés et s’accumulent. L’immense majorité de la population est prise en otage et vit sous la condition humaine, donc manipulable par des démagogues de tout acabit. Quant à l’opposition, elle est traversée par des discordes entre les extrémistes et les modérés ».
P.S, Lomé (Telegramme228)

TOGO::Léandre Gbényédzi justifie la démarche


Depuis environs un mois, les voies de la capitale togolaise, notamment de Lomé-Commune et de la Préfecture du Golfe apparaissent de plus en plus larges, suite à des opérations de désencombrement des installations. Mais, selon certaines opinions, il y a du favoritisme dans ces opérations vu que certaines installations sont détruites par les autorités municipales alors que d’autres sont laissées intactes. Mais, selon les autorités municipales, en aucun cas, il n’y a pas du favoritisme ; les installations laissées intactes sont régulièrement établies ; même si cette autorisation a une durée de vie dans le temps et peut être retirée s’il y a nécessité.
« Dans la commune de Lomé, il y a des gens qui se sont régulièrement installés. Ils ont adressé des demandes au maire de faire des terrassements, des hangars ; et ils paient mensuellement », a souligne hier chez nos confrères de Nana Fm, Léandre Gbényédzi, président de la Délégation Spéciale du 3ème Arrondissement. Donc, a-t-il poursuivi, « au cours des opérations de désencombrement, c’est tout à fait normal qu’on laisse ceux-là qui se sont installés régulièrement ». Mais attention, car l’intéressé a fait la mise au point selon laquelle ce n’est pas une autorisation d’installation définitive que ces derniers ont reçue de la Mairie.
« Il est normal qu’on épargne ceux-là qui ont eu une autorisation et qu’on vérifie voir ce qu’on peut faire, parce l’autorisation n’est pas définitive ; elle est toujours provisoire ou en d’autres termes une autorisation qui a une durée dans le temps », a-t-il déclaré. « Si la Commune décide aujourd’hui de transformer l’espace qui vous est accordé et bien de facto l’autorisation est suspendue et retirée », a renchéri M. Gbényédzi, sans oublier de rappeler l’objectif premier de ces opérations : « nous voudrions donner un nouveau visage à la ville de Lomé » ; car, étant tous citoyens de la ville, il pense que « ce n’est pas acceptable de voir notre ville se transformer en un lieu où chacun peut pousser anarchiquement des hangars ».
Rappelons que, bien avant Léandre Gbényédzi, c’est le président de la Délégation Spéciale de la Commune de Lomé, le Contre Amiral Fogan Adégnon, qui s’est prononcé sur ce même sujet le 11 mars dernier au micro de nos confrères de Kanal Fm. Pour lui, « il n’a pas été demandé de dégager tout le monde ; ça dépend des limites réglementaires qu’il faut observer ». Et pour plus d’informations sur ces limites réglementaires, il a invité les intéressés à s’approcher des Services Techniques de la Municipalité. Car, selon lui, « nous avons des règles dans la cité qu’il faut respecter ; dès lors, il s’avère que, avant de s’installer sur la voie publique, il faut une autorisation en bonne et due forme des autorités municipales ».
F.A / F.S (Telegramme228)

Monday, March 17, 2014

TOGO::L’ANC met en garde la HAAC

Le secrétaire national à la communication de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), Eric Dupuy a interpellé dimanche sur la radio Nana FM la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) sur « les diffamations » dont les responsables de l’ANC font l’objet depuis quelques temps.

Pour le responsable de l’ANC, c’est une campagne médiatique montée de toutes pièces par le pouvoir contre son parti et entretenue par la HAAC qui garde « un silence complice ».
« Aujourd’hui, il se développe un acharnement contre notre parti, des diffamations et des histoires montées tous les jours. C’est toute une campagne médiatique savamment organisée pour dénigrer, pour salir ceux qui aujourd’hui sont à même de sauver ce pays », a déclaré M. Dupuy.

Cette campagne est montée « par le pouvoir », a-t-il précisé avant d’ajouter qu’il n’y a pas d’explication du silence « complice » de la HAAC « quand de telles ignominies se développent sur certaines radios alors qu’on a fermé deux radios dans ce pays sans qu’elles n’aient atteint ce niveau de diffamation fait contre l’ANC ».

L’ancien responsable du Comité Togolais de Résistance (CRT) n’a pas tardé avant de mettre en garde la HAAC. « Attention la HAAC, si elle ne réagit pas, elle va plonger ce pays dans une situation dramatique ».

Cette campagne médiatique, a-t-il également fait observer, « ne fait que renforcer la conviction des populations togolaises que le seul parti politique aujourd’hui, qui défend réellement leurs intérêts, c’est bien l’ANC ».

L’ANC se défend d’avoir proféré des menaces de mort contre des journalistes. « Personne au sein de l’ANC n’a proféré de menaces vis-à-vis de qui que ce soit. « J’ai entendu celui-là même qui dit recevoir des menaces, qu’il n’a reçu ni d’appels, ni de lettre mais le bruit court que sa vie serait en danger. Avec des suppositions, on peut aller très loin », a souligné le secrétaire national.

Quant aux deux mémorandums publiés par l’Union des Forces de Changement (UFC), son ancien parti, Eric Dupuy a indiqué que « personne au sein de l’ANC n’a été approché ni de près ni de loin pour des intérêts pécuniaires ».
« Nous l’avons appris à nos dépends que Gilchrist Olympio est allé négocier en douce avec le régime sans que le parti n’en soit informé. Je me rappelle d’un débat houleux au bureau national de l’UFC qui a interpellé le président national Olympio dans sa fierté, parce que des négociations secrètes avaient eu lieu entre lui et le régime à Paris, ce qui a abouti à la signature d’un accord dans la maison de son père, feu Sylvanus Olympio et nous avons pris notre responsabilité, de demander sa démission du parti », a-t-il précisé.

Telli K.
SOURCE: AFREEPRESS

TOGO:: Reprise du dialogue: Me Atta Zeus : « Nous sommes en constante relation avec les pères religieux pour savoir trouver une solution pour l’apaisement social »

Qui a fait la promesse de la reprise du dialogue avec l’opposition dans le même cadre qu’avant les législatives ? Est-ce l’émissaire du gouvernement M. Gilbert Bawara, l’ambassadeur des Etats-Unis d’alors Robert Whitehead ou le président de la CVJR Mgr Nicodème Barrigah ? Ni l’un, ni les autres apparemment. Mais il semble que c’est cela la compréhension générale quand les pasteurs de l’Eglise catholique et protestantes ont obligé les partis politiques de l’opposition à accepter prendre le train du processus électoral des législatives en marche. Dans les coulisses beaucoup de choses ont été préconisées dont un dialogue permanent entre les acteurs politiques.

La démarche de Jean-Pierre Fabre d’écrire au Chef de l’Etat a permis de voir les divergences sur les points de vu des différents camps sur le dialogue. Le Chef de l’Etat trouve que le cadre approprié des discussions sur les reformes constitutionnelles et institutionnelles est l’Assemblée nationale, ce qui n’est pas du tout l’idée de l’opposition qui réclame un cadre formel de discussion.

Le CST, malgré les échanges entamés entre Faure Gnassingbé et Fabre Jean-Pierre et qui devraient se poursuivre avec le Premier Ministre, fait de nouveau recours aux responsables religieux qui les avaient convaincus à l’idée que le processus de discussion ne marquait qu’une pause, temporaire.

Voici ce que nous a dit Me Zeus Ajavon, coordinateur du CST, sur le sujet.

pa-lunion.com : Maître Atta Zeus, bonjour !

Me Zeus Ajavon : Bonjour !

pa-lunion.com : Est ce que finalement c’était une bonne idée de s’adresser au Chef de l’Etat ?

Me Zeus Ajavon : Oui, nous avons été surpris, si non, très surpris par la réponse du Chef de l’Etat quand le chef de file de l’opposition lui a adressé une lettre. Parce que, lors des dernières discussions qu’on a eues avant les élections législatives, nous avions posé un certain nombre de questions au représentant du gouvernement qui avait dit qu’il n’avait pas reçu des instructions sur les points liés aux réformes. Et nous lui avons demandé d’aller recevoir les instructions du Chef de l’Etat pour qu’on continue les discussions. Il est allé, il n’y a pas eu de réponse. Nous avions demandé à ce qu’il y ait un rendez-vous immédiatement avec le Chef de l’Etat pour commencer à prendre l’angle en vu de ces discussions. C’est Monseigneur Barrigah qui a pris ce rendez-vous là, mais il était question qu’à l’issu des élections, on se retrouve pour que nous puissions discuter de ces différentes réformes. Et ça fait sept mois que nous attendons. C’est pour cela que l’initiative du chef de file de l’opposition est une initiative qui se devait d’être prise.

pa-lunion.com : Est-ce que c’est une décision que, après les législatives, vous devez vous revoir ? Ou c’était juste une idée comme ça évoquée ? Est-ce que c’était acté dans même vos PV ?

Me Zeus Ajavon : Lors des dialogues, il n’y a pas de décision. Les décisions se prennent au final. On ne peut pas dire qu’on a atteint des objectifs. Mais il était devenu indispensable, puisque pour que le dialogue se poursuive, il était indispensable qu’on ait ces points de vue avant les élections. Mais, comme on n’a pas eu ce rendez-vous, on s’est dit que, une fois les élections terminées, nous allons prendre l’angle pour continuer les discussions. Puisque le gouvernement lui-même a dit que nous étions dans un processus de dialogue permanent. Dans ce cas là, il est normal qu’à l’issu des élections, et surtout qu’il y avait des questions qui étaient restées en suspens, il est normal qu’on se retrouve pour discuter.

pa-lunion.com : Maître, avant les élections, vous étiez intransigeant que sans ces réformes, vous n’irez pas aux élections. Mais finalement, vous nous aviez appris que vous aviez dû aller à ces élections, parce qu’on vous a fait cette promesse qu’après les législatives, les discussions devraient se poursuivre sur ces sujets. La question revient. Qui vous a rassurés que les discussions devraient se poursuivre dans le même cadre de dialogue après la tenue des élections législatives ? Est-ce M. Bawara ou Mgr Barrigah ?

Me Zeus Ajavon : Non, non, non. Je n’ai jamais dit qu’on nous a rassurés qu’après les élections, on allait se retrouver, que c’est ça qui nous a permis d’aller aux élections. Non du tout. C’est parce que nos pères spirituels sont convaincus d’aller à ces élections pour éviter la violence. Nous sommes allés à ces élections. Mais je vous dis que pendant ce dialogue, le pouvoir nous a dit que, parce qu’il restait quelques jours avant les élections, qu’on ne pouvait pas enclencher ces discussions, et que le représentant du pouvoir n’avait pas les instructions pour discuter de ces questions là. Comme ces questions étaient restées en suspens, parce que, lorsque nous avons commencé, nous avons fait l’ordre du jour des discussions. Et dans l’ordre du jour des discussions, nous avons listé les points sur les réformes. Et arrivé à ces points là, le ministre nous a dit qu’il n’a pas reçu d’instruction. Ça veut dire que le dialogue doit se poursuivre sur ces points là. Et c’est logique quand même.

pa-lunion.com : Mais dans cette permanence, vous vous attendez que les discussions s’ouvrent à nouveau avec l’initiative prise par Monsieur Jean Pierre Fabre. Mais le Chef de l’Etat vous renvoie à l’Assemblée. Comment allez-vous procéder ? Allez-vous retourner vers ces pères religieux qui vous ont convaincus ?

Me Zeus Ajavon : Nous sommes en constante relation avec ces pères religieux pour trouver une solution pour l’apaisement social. Même concernant le dialogue, le Chef de l’Etat nous renvoie à l’Assemblée. Mais il n’y a pas de dialogue à l’Assemblée. Je le dis, je le répète. Je suis professeur de droit public, et j’enseigne cela aux étudiants. Il n’y a pas de dialogue à l’Assemblée. Il y a des débats parlementaires qui suivent un processus légal, et ce processus abouti à un vote. Il n’y a pas de consensus à l’Assemblée. Alors que, lorsqu’il y a dialogue, on abouti à un consensus. Il n’y a pas de vote lors de dialogue.

pa-lunion.com : Vous voulez dire que le Chef de l’Etat n’a pas compris le sens de la lettre à lui envoyée ?

Me Zeus Ajavon : Ou bien il n’a pas compris, ou bien il n’a pas lu. Puisqu’il fait bien référence à l’accord politique global, qui dit clairement qu’il faut rechercher un consensus national inclusif. Alors, si on renvoie à l’Assemblée, c’est antinomique. Il y a une contradiction flagrante entre les deux. On ne peut pas nous renvoyer à l’Assemblée et dire que c’est dans le cadre de l’accord politique global. L’Accord politique global dit consensus. Hors, il n’y a pas de consensus à l’assemblée. A l’assemblée, je le répète, c’est un débat parlementaire qui se fait suivant le processus législatif qui aboutit à un vote. Et le vote, c’est la majorité qui l’emporte. C’est clair.

pa-lunion.com : Certains pensent que, le Chef de l’Etat, en vous envoyant à l’Assemblée, vous a donné un camouflet et puis, ferme la porte au dialogue.

Me Zeus Ajavon : Non ! Libre à lui de penser que c’est un camouflet. Lorsqu’il y a crise dans un pays, le Chef de l’Etat a la mission de faire assurer la paix. Donc, c’est prévoir ces problèmes et la résolution de ces problèmes. Hors, à chaque crise, il y a une triple solution possible. Il y en a plusieurs. Il y en a trois. Ou, il y a un dialogue, un consensus que ça doit se faire à l’Assemblée, alors là, ça se fera à l’Assemblée, ou il n’y pas de consensus pour que ça se fasse à l’Assemblée. En ce moment là, on passe par d’autres moyens, c’est le dialogue.
Je vous dis même, dans les pays les plus développés, on utilise le dialogue. Aux Etats-Unis on utilise constamment le dialogue. On enseigne ça aux étudiants en première année. Ca n’a rien à voir avec ce qui se passe à l’Assemblée. Rien ! L’Assemblée vient après pour concrétiser le dialogue que le président a eu avec les gens de l’autre côté. La dernière fois lorsqu’il y a eu le blocage sur le budget, ça ne s’est pas passé à l’Assemblée. Barack Obama a eu à prendre langue avec les républicains en dehors de l’Assemblée, de la manière dont il a le secret. Et c’est quand il a finalisé qu’il est allé à l’Assemblée. Parce que, s’il est allé à l’Assemblée directement, avec la majorité républicaine qu’il y a à l’Assemblée, ça sera rejeté immédiatement.

pa-lunion.com : C’est ce que vous craignez pour le cas du Togo ?


Me Zeus Ajavon : Mais, c’est la loi de la majorité. L’Assemblée, c’est la loi de la majorité. C’est clair. A moins que le Président veule dire qu’il y a un dialogue préalable. Et ce dialogue aboutisse à un consensus qu’on va envoyer à l’Assemblée, si c’est ça qu’il veut, oui. Si c’est ça qu’il entend par ce qu’il a dit. Mais si c’est qu’il n’y a pas dialogue et que tout le débat se fera à l’Assemblée, en ce moment, je dis, il y a trois solutions. Ou on dialogue et les débats qui se concrétisent à l’Assemblée, ou, il y a ce qui s’est passé en Centrafrique. Mais, nous ne voulons pas utiliser ça. Ça aussi, c’est un moyen de résolution des crises qui s’est passé dans beaucoup de pays. Nous ne voulons pas. Nous disons que nous voulons tout faire pour éviter cela. Mais, nous ne voulons pas être driblé, doublé. Nous ne voulons pas ça. Mais des gens peuvent nous doubler, nous dribler pour faire ça. Mais il y a aussi, ce qui s’est passé en Ukraine. Ce n’est pas ce qui s’est passé en Centrafrique, mais ça aussi, lorsque le gouvernement n’a pas voulu entendre raison, vous avez vu ce que ça a donné. Même en dehors des leaders politiques de l’opposition, le gouvernement a eu lors de la crise, un accord avec les leaders de l’opposition, mais le peuple a dit non. Et ils ont continué. C’est-à-dire que, il ne faut pas laisser à un moment donné, le peuple vous déborder pour arriver à des solutions que nous ne contrôlerons plus. Il vaut mieux que, de façon sage, consciente, on se mette d’accord pour faire les choses de façon amiable et apaisée.

pa-lunion.com : Maître Atta Zeus AJAVON, merci !


Me Zeus Ajavon : Merci beaucoup !
Source: PA LUNION