Saturday, October 19, 2013

TOGO:Abass Kaboua : « Il était clair que ceux qui m’avaient arrêté, avaient pour plan de m’assassiner »

Le leader du Mouvement des Républicains Centristes (MRC) Abass Kaboua, détenu pendant 4 mois à la prison civile de Notsé (90 km au nord de Lomé) est largement revenu dans une interview accordée en direct vendredi sur la radio Kanal Fm sur les conditions de détention dans cette prison.

Selon le responsable du Collectif « Sauvons le Togo » CST, il y a dans la prison civile de Notsé des détenus qui ont passé une dizaine d’années sans possibilité de voir un juge.
« Des gens sont inculpés pendant des années allant jusqu'à 11 ans, et attendent le juge qui dit qu’il n’a pas de moyen pour se déplacer de Tohoun à Notsè », a-t-il regretté.
Pour lui, il avait été arrêté pour être ensuite assassiné. Le président du MRC, arrêté pour avoir brisé le secret de l’instruction du dossier des incendies des marchés pour lesquels il avait été inculpé, continue de clamer haut et fort son innocence dans cette affaire.
Lire l’intégralité de l’interview qu’il a accordée
Question : Tel qu’on vous connaissait, vous n’avez pas la pleine forme, est-ce à dire que c’est la prison qui vous a mis dans cet état ?
Abass Kaboua : Je suis arrêté et déposé à la prison de Lomé et puis 2heures après, la gendarmerie et le Service Renseignements et Investigation (SRI) ont fait assaut sur moi, ils m’ont molesté, menotté dans le dos, et on a fait 100 km par terre dans une vieille Land Cruiser, et j’ai tapé 118 jours en toute illégalité. Mais je remets tout à Dieu.
C’est vrai, la prison à contribuer à détériorer l’état de ma santé. Je rends grâce à Dieu, parce que les gens avaient planifié autre chose, jusqu’au sommet de l’Etat, mais ce n’est pas grave.J’étais préparé psychologiquement à affronter tout cela. Je savais. J’étais en France quand les 2 marchés prenaient feu. J’ai même pleuré, ma mère peut en témoigner. Elle était surprise de me voir dans cet état à l’hôpital, quand j’ai appris l’incendie du marché de Kara. Elle voulait savoir ce qui m’a fait verser des larmes. J’ai dit à ma mère « il n’y a rien à Kara, tu sais très bien que tout ce qui brûle là-bas ce sont les marchandises des femmes de Lomé ». Donc nos sœurs sont payées sur commission.
Question : Mais la femme togolaise dans son ensemble est battante n’est-ce pas ?
Abass Kaboua : C’est ça qui m’a fait verser les larmes. Je vais au marché, j’ai toujours dit ça sur les antennes. Je sais combien coûte une boite de tomate concentrée, une baguette de pain, contrairement à certains qui ont oublié cela.
Ce qui est triste, dans tout ce qui se passe dans ce pays, c’est que les gens sont devenus amnésiques.
Question :est-ce à dire qu’on vit, advienne que pourra ?
Abass Kaboua : Oui, c’est tout, et ça ce n’est pas une bonne chose. Quand vous avez la lourde charge de conduire des hommes et que l’atmosphère est ainsi, vous-même vous n’êtes pas heureux. J’ai l’habitude de revenir sur le passage d’Eyadéma. Malgré la situation économique difficile des gens sous Eyadema, ils mangeaient. Par exemple, aujourd’hui vendredi, tout le monde se préparait pour aller infiltrer les groupes à Lomé 2 le lendemain samedi. Parce qu’on sait que le samedi est devenu le jour de prédilection où les marcheurs allaient prendre 2000 ou 5000. Mais aujourd’hui il y a plus ça. Quand vous stoppez tout ça, il faut trouver une autre formule pour canaliser les jeunes et les diplômés.
Ce n’est pas tout de dire aux enfants que vous faites développement à la base, vous prenez des gens qui ont un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA), vous les mettez sous pension leur payez 60 000 francs CFA, moins de 3000 francs par mois, et vous êtes content que vous faites quelque chose. Ça ce sont des scoops inutiles. C’était même mieux qu’on n’en parle pas.
Question : vous avez été détenu à la prison civile de Notsè, sans pour autant revenir sur les raisons qui vous ont conduit là, dites-nous comment avez-vous trouvé les conditions de détention dans cette prison ?
Abass Kaboua : je vais vous dire des choses qui vont vous surprendre. En décembre, ça va faire 17 ans que je gère les prisons du Togo, et je suis incontestablement le plus ancien de l’administration pénitentiaire du Togo. Je n’avais jamais passé plus d’une demi-journée dans les prisons pour les visites et les inspections. Il y a quelques jours j’ai envoyé des produits pharmaceutiques à mes anciens codétenus.
C’est triste, pour une petite prison, comme celle de Notsè où on met tous ceux qui viennent de Tohoun, puisque la préfecture de Moyen-Mono n’a pas de prison, des gens sont inculpés pendant des années allant jusqu'à 11 ans, et attendent le juge qui dit qu’il n’a pas de moyen pour se déplacer de Tohoun à Notsè.
Chose insolite, pour déférer un prisonnier de Tohoun vers Notsè, c’est à moto (Zémidjan) que ça se fait. On le menotte à la barre des amortisseurs. Ce que je dis ici, j’attends la première personne qui viendra me contredire parce que j’ai les preuves et je suis une personne responsable, ceux-là même qui m’ont arrêté le savent.
On menotte le bras droit du prisonnier sur la barre des amortisseurs de la moto, suivi du gendarme ou du policier, arme en bandoulière sur une autre moto. Ils couvrent les environs de 70 km à vive allure et arrivent à la prison de Notsè tout rouge de poussière. En cas d’accident, c’est le prisonnier qui est plus en danger, car il ne pourra pas sauter alors que le conducteur le pourra aisément.
Nous parlons de modernisation mais en réalité cette modernisation commence où, et elle s’arrête où ? Si la modernisation consiste à faire des nouveaux bureaux aux juges ou à climatiser leurs bureaux, je pense dans ce cas que nous n’avançons pas.
Question : La prison de Notsè est-elle surpeuplée ?
Abass Kaboua : Elle est extrêmement surpeuplée, quand je suis arrivé, on était 37 dans 4 mètres carrés. Vous êtes assis, l’autre est entre vos deux jambes, il pose sa tête sur votre épaule. La chaleur était torride, parce qu’il n’y avait pas de plafonds, ce sont des tôles galvanisés où nos respirations forment des cumulus de vapeur qui retombent et vous bousille les tympans et les yeux. Je crois que c’est ce que j’ai reçu sur les yeux et dans les tympans. Il était clair que ceux qui m’avaient arrêté, avaient pour plan de m’assassiner.
Question : Est-ce qu’on ne peut pas dire que vous-même votre laxisme vous a rattrapé, puisque vous avez été vous-même un responsable de l’administration pénitentiaire ?
Abass Kaboua : Quand vous dites que mon laxisme m’a rattrapé, cela me fait rire à plus d’un titre. Je ne suis pas Gnassingbé Eyadema, je ne suis pas Faure Gnassingbé. Qui vous a dit que nous ne travaillions pas, nous ne sommes que des simples fonctionnaires comme tout le monde. Vous n’avez pas vu les enseignants ? Même la craie pour écrire et l’éponge pour essuyer, il n’y en a pas.
Question : Cela voudrait dire que vous étiez directeur mais vous n’aviez pas les moyens de travailler ?
Abass Kaboua : Vous savez, si on me met les moyens aujourd’hui, je ferai ce que je peux faire parce que de la prison où j’étais j’ai fait libérer des codétenus! Je suis venu trouver, par exemple, un petit qui a quinze ans et, tenez-vous bien, qui avait été déféré pour avoir volé trois régimes de noix de palmier. Il a fait deux mois trois semaines et on m’a dit qu’un régime coûtait 300 francs CFA. Donc ça veut dire que le petit avait volé 900F CFA de noix de palmier.
Je suis entré en contact avec le juge qui m’a dit que le plaignant ou le propriétaire des trois régimes de noix de palmier demande 42000 francs CFA de dommages-intérêts comme somme dépensée pour rechercher le petit et le retrouver. J’ai dit au juge que cet enfant pouvait être le sien, et c’est incontestablement le mien vu mon âge, et je lui ai proposé de dire au plaignant qu’un autre inculpé, et non prisonnier comme le disait l’ancien garde des sceaux qui ne sait pas faire la différence entre un prisonnier, un inculpé et un détenu, qu’un autre inculpé voulait résoudre le problème du petit mais qu’il faut qu’il coupe la poire en deux c'est-à-dire qu’il doit diviser la somme qu’il réclame en deux. Que je veux lui payer 20000F CFA pour qu’il libère le petit et c’est ce qui a été finalement!
Question :Et l’enfant a-t-il été libéré ?
Abass Kaboua : Oui il l’a été ! J’ai même dû lui remettre 5000 francs CFA pour ses frais de transport de Notsè à chez lui parce qu’il n’en avait pas les moyens. Et c’est là j’ai été surpris que le régisseur de la prison ne lui réclame les droits de sortie. C’est là que j’ai découvert moi-même étant responsable de prison qu’ils prennent de l’argent chez les gens pour rien avec la complicité des attachés de préfecture puisque l’Etat n’existe. Q : Monsieur Kaboua, est ce que vous pourriez nous levez le voile sur cette inquiétude, beaucoup de gens l’ont dit même si c’était des supputations, il parait que vous n’aviez pas eu la visite de vos camarades du CST quand vous étiez en détention àNotsè.
Je saisis cette occasion pour dire à tous les responsables du Collectif « Sauvons le Togo » (CST) qu’il faut qu’on prenne garde pour ne pas tomber dans un piège parce que le devenir du Togo est plus important que toutes ces petites histoires. C’est un grand sacrifice que j’ai fait en acceptant d’être humilié et traîné dans la boue ainsi. C’est pour ce pays que j’ai fait ça ! Que tout le monde se ressaisissent alors et se comporte comme moi.
Question :Vous n’avez pas pu participer aux dernières législatives mais les élections prochaines, comment les abordez-vous en tant que leader du Mouvement des Républicains Centristes(MCR), un parti politique ?
Abass Kaboua : Celui qui m’a empêché de participer aux élections passées connait bien ma force. Il sait qui je suis c’est pourquoi ils ont tout fait pour que je ne me retrouve pas à l’assemblé nationale. Je reste, quand même, le leader de mon parti, c’est moi qui organise la convention qui investit les candidats.
Pour les prochaines échéances nous irons aux élections comme la dernière fois c'est-à-dire sous la coupole du CST. Tout le monde a des problèmes, tous les partis politiques ont des problèmes, même Unir en a.
Question : Est- ce que cela voudrait dire que la sérénité est revenue au sein du Collectif Sauvons le Togo ?
Abass Kaboua : La sérénité est revenue. Il y a des problèmes partout, c’est juste la façon de gérer qui est à revoir. Je ne comprends pas pourquoi les gens laissent leurs problèmes pour s’occuper de ceux des autres.

Bénin - Togo: Des centaines de réfugiés togolais réclament une autre terre d'asile

COTONOU - Quelques 705 réfugiés togolais, dont 300 enfants et environ 222 femmes, regroupés dans le jardin public de Vêdoko, un quartier populeux de Cotonou, ont demandé ce vendredi une autre terre d'asile en dehors du Bénin, en vue d'être à l'abris de la répression des autorités politiques togolaises. "Nous demandons une autre terre d'asile, parce que notre proximité avec le Togo ne nous met pas à l'abri de la répression, encore que, celui qui a provoqué notre départ en asile, continue de régner en maître", a confié à Xinhua un responsable des réfugiés, Maounou Sogbo. De sources proches de l'Agence nationale de la protection civile du Bénin, ces 705 réfugiés togolais qui réclament une autre terre d'asile, constituent un groupe de réfugiés qui s'est opposé non seulement à la politique de rapatriement volontaire, mais aussi au processus d'intégration locale en cours au Bénin. "Plus de 37.000 personnes ont fui le Togo pour le Bénin le 26 avril 2005, date de la proclamation des résultats de la présidentielle qui donnait le fils du général Eyadema, Faure Gnassingbé, vainqueur avec plus de 60% des voix. En avril 2007, un accord tripartite entre les gouvernements béninois, togolais et le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés, sur le rapatriement volontaire des réfugiés a été signé", a rappelé la même source. A la suite de la signature de cet accord tripartite, explique la même source, plus de 32.000 réfugiés Togolais ont librement gagné leur pays, laissant ainsi moins de 5.000 réfugiés sur le site d'Agamey, environ 150 km à l'ouest de Cotonou De cet effectif restant, ajoute la même source, plus de 4.000 personnes ont adhéré le processus d'intégration locale en cours actuellement au Bénin. XINHUA

TOGO::Faure Gnassingbé, probable candidat à sa propre succession en 2015 selon Robert Dussey

Il ne fait plus l’ombre d’aucun doute, le président de la République Togolaise, Faure Essozimna Gnassingbé ira à l’élection présidentielle de 2015. L’annonce a été faite vendredi sur les ondes de la radio RFI par le ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, Robert Dussey en visite de travail en France. A la question « est-ce que le président se représentera en 2015 ? », le ministre a répondu qu’il ne sait pas mais que les conditions sont réunies pour qu’il le fasse. « Je ne sais pas mais si vous me demandez à moi, je vous dirai tout simplement pourquoi pas », a-t-il déclaré. La constitution togolaise du 14 octobre 1992 révisée par le feu président Eyadéma Gnassingbé le 31 décembre 2002 ne limite plus le mandat présidentiel. Mais force est de constater que la grande majorité de la population aspire à ce changement. En témoignent les recommandations de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR) qui ont opté pour la limitation du mandat présidentiel. Au sein de la classe politique, ce débat fait rage. Les uns se disent que Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, ne doit « en principe » plus briguer un troisième mandat. Ce qui n’est pas du goût des responsables du parti au pouvoir, l’Union pour la République (UNIR). Les déclarations de ce ministre ouvrent désormais ce débat. M. Dussey n’a pas également manqué de subtilité lorsqu’il déclarait que Faure Gnassingbé n’a aucune envie de s’éterniser au pouvoir. Pour lui, ce qui compte, c’est l’amélioration des conditions de vie des populations togolaises. « Le souci du président n’est pas de rester au pouvoir aujourd’hui ou demain, son souci, c’est de travailler pour améliorer les conditions de vie des populations togolaises en mettant en pratique ce que nous appelons la Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi (SCAPE) pour permettre à tous les Togolais d’améliorer leurs conditions de vie ». Telli K. AfreePress T

TOGO::Pascal Bodjona libre de tout soupçon dans 1 mois

La chambre judiciaire de la cour suprême a planché jeudi à Lomé sur le pourvoi des conseils de l’ancien ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, Pascal Akoussoulèlou Bodjona, impliqué dans l’affaire d’escroquerie internationale. Au terme de cette comparution, il est permis de dire que l’ancien ministre peut espérer recouvrer toute sa liberté le 21 novembre prochain, date du délibéré de l’affaire par la cour. Autant les arguments développés par les avocats de la défense, autant le rapport dressé par le juge rapporteur en la personne d’Abdoulaye Yaya, président de la chambre judiciaire de la cour suprême laissent croire cette éventualité. Selon les avocats de M. Bodjona, « le juge Yaya s’est montré sévère vis-à-vis de ses collègues de la chambre d’accusation de la cour d’appel ». Ils ont fait preuve de « turpitude » et d’ « errements », a-t-il soutenu dans son rapport. Selon le recours exercé depuis le 24 janvier dernier, le collectif des avocats de l’ex-homme fort du feu Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) et de l’Union pour la République (UNIR) demande la cassation de l’arrêt de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Lomé qui a annulé « l’audition de témoin sous la foi de serment du défendeur ». Telli K. AfreePress

Thursday, October 17, 2013

Me Zeus Ajavon : « Le combat de 2015 sera rude il faut qu’on sache que ça va être terrible »

C’est la première fois que le Coordinateur du CST accorde un entretien à la presse après les élections législatives du 25 juillet 2013. Dans les lignes qui suivent, Me Zeus Ajavon a bien voulu donner son point de vue sur les rapports tumultueux entre le gouvernement et les enseignants et sur la situation qui prévaut au sein de son Collectif. Il parle des élections locales et invoque les actions à mener dans la perspective de 2015.

La rentrée scolaire a repris ce mercredi sur fond de malentendu entre les enseignants et les autorités. En tant qu’enseignant comment appréhendez-vous cela ?
Me Zeus Ajavon : Si la rentrée a été reportée, si les syndicats d’enseignants sont en grève c’est que les promesses qui ont été faites n’ont pas été tenues. Les enseignants sont les moins lotis. Ceux qui sont dans l’administration générale bénéficient des opportunités qui leur permettent d’arrondir les angles. Mais ceux qui sont dans l’enseignement tirent le diable par la queue et c’est en raison de la dureté de la vie d’enseignant qu’ils expriment des revendications.
L’enseignant ne peut donner ce qu’il vaut et ce dont il est capable quand il a le ventre creux. Dans la sous-région, les enseignants togolais sont des parents pauvres. Alors que dans tous les autres pays, les enseignants ont vu leur situation nettement améliorée. Il n’y a qu’au Togo où les enseignants sont dans cette situation de misère indescriptible.
Que faire donc ?
Me Zeus Ajavon : Le gouvernement doit prendre le taureau par les cornes. Je suis enseignant moi-même et ça fait longtemps que cette situation prévaut. C’est depuis le temps d’Eyadema et du parti unique. Il y a plus de 40 ans que ce problème se pose. Il faut un statut particulier pour accorder des avantages spécifiques aux enseignants par rapport aux autres fonctionnaires parce que ce n’est pas facile d’enseigner. Ce sont eux qui façonnent les dirigeants de demain. Il faut donc s’en occuper mieux que ce qui se fait en ce moment.
Le CST semble entrer en léthargie et l’on parle même de son implosion à la suite des remous en son sein après les élections législatives du 25 juillet dernier. En toute franchise qu’en est-il ?
Me Zeus Ajavon : Le lion dort, mais on croit qu’il est mort. Le CST n’est pas en léthargie. Après tous les évènements qui se sont passés, après tout ce que nous avons subi à la suite des dernières élections législatives nous avons estimé qu’il faut d’abord faire un bilan interne et que de façon courageuse nous voyions la réalité en face et quelles sont les réelles raisons qui ont conduit à cette situation.
Sans complaisance entre nous et avec les autres, pour ne pas faire du saupoudrage nous sommes obligés d’aller au front et c’est ce que nous sommes en train de faire. Nous estimons que pour l’instant ce n’est pas la peine de crier sur les antennes ce que nous allons faire. Il vaut mieux qu’avant de rebondir nous cernions d’abord le contour de la question.
Pensez-vous, au regard de la situation que la concurrence entre les partis membres du Collectif puisse être évitée ?
Me Zeus Ajavon : On ne peut pas éviter cette concurrence naturelle. Les partis politiques sont créés pour conquérir le pouvoir chacun à sa manière. Au CST vous avez des partis aussi dissemblables, mais qui ont décidé de se mettre ensemble. Vous avez des associations qui ont des points de vue divergents d’un extrême à l’autre et qui ont décidé de se mettre ensemble. C’est normal qu’il y ait des problèmes. C’est normal que pour mettre tout ça ensemble qu’il y ait des petits heurts. Pour harmoniser cela et qu’on se mette d’accord c’est très difficile et c’est normal. Il en est ainsi dans tous les pays.
L’on pense à tort ou à raison que l’opposition doit constituer un bloc unique pour vaincre le parti au pouvoir. Mais l’union entre les partis aussi dissemblables est aussi difficile à réaliser en amont et à gérer en aval. Comment faire pour que les différences soient positives au sein du CST ?
Me Zeus Ajavon : Nous avons affaire à des partis politiques. Pour les mettre ensemble dans tous les pays au monde, c’est compliqué. C’est plus facile de mettre ensemble les associations et c’est pour cela qu’en 2005 lorsque le président Eyadema est décédé et que Faure Gnassingbé a pris le pouvoir de la manière que vous avez, j’ai réussi à fédérer toute la société civile. En deux jours, nous avons réussi à mettre ensemble 150 associations et syndicats. C’est très facile de mettre ensemble les gens de la société civile parce qu’ils n’ont pas l’ambition de conquérir le pouvoir et de le gérer.
En ce qui concerne les partis politiques, chacun a sa vision selon son principe, son programme, son objectif, son idéologie. C’est donc difficile, mais je ne désespère pas. Je continue le travail de fond pour les mettre ensemble. Je rencontre d’autres partis en dehors du CST et je crois qu’à un moment donné la raison prendra le dessus et que les Togolais feront ce qu’il faut pour que le Togo change. On parle d’alternance, mais la question qui se pose n’est pas une question d’alternance, mais de changement.
Nous avons un bloc politique qui est en face. C’est une question de système. Eyadema est parti, vous avez vu que ça n’a rien changé. Au contraire la situation s’est empirée de façon pernicieuse. Si Faure n’est pas là demain, et si c’est toujours l’ancien système qui demeure, il n’y aura pas eu de changement. Moi je veux le changement. Il faut que tout le monde comprenne que ce pays doit changer nécessairement, radicalement et fondamentalement.
Lorsque tous les Togolais auront compris cela, tous ceux qui veulent que le pays évolue réellement et qu’on ne torture plus, tous ceux qui ne veulent pas qu’une minorité de Togolais s’accapare les biens de l’État, tous ceux qui ne veulent pas que des milliards de nos francs se retrouvent dans les maisons de certaines personnes auront gain de cause. Ce sera facile de mettre ensemble, et des partis politiques, des associations, et même de ceux qui sont du parti au pouvoir malgré eux et qui veulent néanmoins le changement. Le jour où il y aura un fond de changement, les gens de l’autre côté viendront se joindre à nous.
Mais quand on parle d’union de l’opposition, on sous-entend que tous les partis doivent retomber à zéro et repartir sur le même pied d’égalité. Est-ce possible ?
Me Zeus Ajavon : Si l’objectif est l’alternance, on pense qu’il s’agit de remplacement de certains par d’autres. Alors qui remplace qui ? Celui qu’on veut remplacer ne veut pas être remplacé et ceux qui veulent le remplacer sont nombreux et se battent entre eux. C’est ça le problème fondamental. Luttons donc pour le changement radical de notre pays et vous verrez qu’il y aura beaucoup de gens autour de cet objectif.
On a l’impression que l’entrée au parlement des partis au CST sonne le glas de la mobilisation populaire. Est-ce donc la fin de la lutte politique hors du parlement ?
Me Zeus Ajavon : Les députés des partis membres du CST qui sont à l’Assemblée se battent là-bas avec les armes qui sont les leurs. Nous devons voir comment nous remobiliser pour que le pays se relève de nouveau. Nous sommes en train de voir ce que nous allons faire et comment nous allons le faire.
: Au sujet du directoire de l’opposition, certains voudraient voir Me Ajavon comme chef de file des adversaires du régime en place. Votre réaction ?
Me Zeus Ajavon : À quel titre serai-je à la tête de l’opposition ? Je n’ai pas quitté les partis politiques pour entrer dans la société civile pour rentrer dans les polémiques politicienne. Je ne suis pas politique. Ce sont les politiques qui peuvent être chefs de l’opposition. Il n’y a pas de polémique en cela. D’ailleurs les textes sont clairs. C’est à l’issue des élections générales qu’on désigne le chef de l’opposition. Ce sont les partis membres du CST qui constituent la tendance majoritaire de l’opposition à l’Assemblée. Le chef de l’opposition ne peut sortir que de leur rang à moins qu’après des débats, des discussions, une décision se prenne pour désigner quelqu’un d’autre, mais jamais un membre de la société civile. ÇA ne peut être qu’un politique parce que les attributions du chef de l’opposition sont des attributions essentiellement et éminemment politiques.
La position qu’occupe Fabre lui attire la foudre des autres partis politiques qui sans doute considèrent que plus l’ANC a de l’envergure moins ils émergent. Que faire ?
Me Zeus Ajavon : Nous n’avons pas mené le combat pour reconnaitre le chef de file de l’opposition, mais pour mettre fin à un régime, pour mettre fin à une méthode de gouvernement. Mais nous ne sommes pas arrivés à cette fin-là. Néanmoins nous allons nous mobiliser pour que le chef naturel de l’opposition tel que désigné par la loi se mette dans la peau de rassembleur de toutes les énergies pour un changement véritable. Il faut que cette personne ait la capacité de pouvoir rassembler. Donc c’est quelqu’un qui doit avoir beaucoup d’humilité et l’esprit de concession et de discussion.
Me Zeus Ajavon : Mais le fait que des partis politiques de l’opposition mettent a priori en doute sa capacité à rassembler n’est-il pas de nature à compliquer ce projet de rassemblement ?
Me Zeus Ajavon : Vous avez parfaitement raison. C’est pour cela que nous Associations de la Société Civile et ODDH, faisons des réunions à part, mais nous avons des vues spécifiques qui nous rassemblent et nous discutons. Nous estimons du fait du handicap dont vous venez de parler que c’est nous au niveau de la société civile qui devons aider le chef de file de l’opposition à rassembler.
Me Zeus Ajavon : Apparemment vous semblez ne pas vous préoccuper des élections locales ?
Me Zeus Ajavon : Les élections locales sont extrêmement importantes pour nous. C’est même pour cela que le pouvoir en place n’organise pas ces élections qui consacrent la démocratie à la base. C’est là où le peuple s’exprime. Or le pouvoir en place veut tout chapeauter, le pouvoir en place veut tout régenter. Il veut mettre une chape de plomb du haut sur les populations alors que les élections locales permettent de faire une vague de fond de la base vers le haut. Ces élections sont d’une importance capitale. C’est pour cela que j’ai demandé que les partis membres du CST commencent déjà à mieux s’organiser pour que l’opposition puisse conquérir les préfectures et toutes les grandes municipalités et aller même aller au-delà de ses fiefs.
Que dites-vous du défi de 2015 ?
Me Zeus Ajavon : Rien ne prédestinait le président actuel à être au pouvoir. Il est venu au pouvoir sur un coup de baguette magique. C’est le décès de son père et les circonstances du moment qui ont fait qu’il est au pouvoir. Il jouit des délices du pouvoir et s’y accroche. Un pouvoir sans partage est enivrant. Il ne veut pas s’en débarrasser. Il va tenter de s’y accrocher de toute son énergie. Mais ceux qui veulent le changement s’ils sont conséquents avec eux-mêmes doivent savoir qu’il va y avoir un choc de titans. Il faut que ce soit clair que le changement ne sera pas donné sur un plateau d’or. Ça doit s’arracher il n’ya aucun pays où l’évolution politique et sociale se fait par un don sur un plateau. Le combat de 2015 sera rude il faut qu’on sache que ça va être terrible. 
le regard

Trois jours pour célébrer l’entreprenariat jeune au Togo

Publié le vendredi 18 octobre 2013

A compter de ce vendredi jusqu’au dimanche 20 octobre prochain, des jeunes entrepreneurs togolais seront au rendez-vous du donné et du recevoir à travers la 1ère édition du Forum des jeunes entrepreneurs. L’annonce de cet évènement a été faite ce jeudi à Lomé par les initiateurs appuyés par les ministères du Développement à la Base, de l’Artisanat et de l’Emploi des Jeunes et des Postes et de l’Economie numérique.
Selon le premier responsable de l’Agence TRUE, structure qui s’occupe de l’organisation de ce rendez-vous national, Claude Grunitzky, « le Forum des jeunes entrepreneurs est un rassemblement des esprits et des experts qui veulent stimuler l’entreprenariat au Togo. Donc on verra des chefs d’entreprise, des jeunes entrepreneurs porteurs de projet de moins de 35 ans qui viendront présenter leur projet et d’autres viendront se sensibiliser en entreprenariat ». Ainsi, à en croire ce dernier, les différentes ateliers répondront aux différentes questions telles que : « Comment rédiger un plan d’affaire ? », « Comment former les équipes ? », « Comment trouver des financements, que ce soit à la banque, auprès d’un investisseur ? », « Comment faire avancer son projet en gros ? ».
Sont attendus au cours de ces trois jours, 300 participants. Et la volonté commune aussi bien des organisateurs que les responsables des deux ministères précités est de tout faire pour que « chacun puisse partir, après l’annonce du projet entrepreneurial de l’année, avec une meilleure idée de ce que l’entreprenariat peut-être au Togo ».
Au terme de ce forum, sera consacré le « Projet entrepreneurial de l’année ». Pour ce faire, en amont, plus de 450 jeunes togolais de moins de 35 ans ont pu proposer leur projet sur le site dédié du Forum (http://www.entreprendre.tg) du 1er au 15 septembre dernier, en remplissant un simple questionnaire. En en août et en septembre 2013, les équipes de l’agence TRUE ont rencontré plus de 250 candidats à Lomé, Kpalimé, Atakpamé, Sokodé et Kara. Ainsi, selon des critères d’originalité et d’innovation, le jury n’a retenu que dix projet porteurs. Et depuis lors, les dix jeunes entrepreneurs dont les projets ont été sélectionnés sont accompagnés par les mentors afin de formaliser au mieux et de manière plus concrète leur projet (clients potentiels, équipes, distribution, marketing, communication, financements, …). Mais parmi les dix porteurs de projets dont les projets ont été retenus, seulement un sera consacré et partira avec l’enveloppe de 5.000.000 F cfa et bénéficiera d’une assistance technique.
Si cette démarche est bien accueilli par plus d’uns, les initiateurs la juge innovante dans la mesure où, elle diffère des conférences habituelles sur l’emploi des jeunes dont sont souvent exclues les jeunes. Rendez-vous est donc pris tout ce week-end au Centre Togolais des expositions et foires (CETEF) Togo 2000.
G.K, Lomé (Telegramme228)

Des experts en réunion à Lomé pour apporter des solutions à la problématique de l’accès au financement

Publié le vendredi 18 octobre 2013

Des experts de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), sont depuis hier jeudi en atelier régional d’échanges sur la facilitation de l’accès au financement des PME de leur espace. Pendant trois jours, ces personnes ressources venues de différents pays auront à explorer les voies et moyens pouvant permettre de mieux informer les porteurs de projet et de les assurer sur les débouchés de financement existants pour leurs activités génératrices de revenus.
Situant le contexte de cette rencontre qui a pour cadre, la salle de conférence de l’hôtel Eda Oba à Lomé, le commissaire chargé du développement des PME de l’UEMA, Guy Amédé Adjahouinou, a indiqué que « la problématique de la réunion d’aujourd’hui (17 octobre 2013, ndlr), c’est d’apporter une réponse d’ensemble aux différents maillons de la chaîne. A savoir un, le porteur de projet, il doit être outillé, donc on devrait donner des instruments, des outils utiles pour le porteur de projet pour avoir une entreprise saine, pour lesquelles l’information existe, les compétences existent, ce qui rend le banquier ou celui qui investit plus en confiance pour le faire ». « Est-ce que l’entreprise qui évolue dans un environnement déterminé, si l’environnement réglementaire et légale n’est pas incitatif, la prise de risque même pour le porteur de projet peut même poser un problème ? », s’est également interrogé M. Adjahouinou. Donc une réponse fiable à cette interrogation et à d’autres qui seront soulevées par les experts, au cours des travaux, d’après lui permettra « d’avoir des pme compétitives, capables de créer de l’emploi et de la richesse ». Il a confié que cette rencontre de Lomé, est partie du constat selon laquelle, « ce ne sont pas les ressources insuffisantes. Les lignes de crédit existent mais c’est le coût d’accès au crédit au crédit et l’information sur le crédit. Nous avons dit tout à l’heure que cela relève de deux problématiques. Problématique sur l’information fiable et crédible sur le projet des pme, l’information crédible et fiable sur le porteur de projet qui font que, naturellement en face de ressources qui ne sont pas forcément longues mais qui peuvent être moyennes, du moins de vue du temps de mise en place, il y a une résistance qui se traduit par le taux d’accès au crédit très élevé ».
Ouvrant les travaux, le Secrétaire d’Etat en charge de l’Industrie, Olivier Komi Assogba, a déclaré que l’on doit « reconnaitre aujourd’hui la problématique des PME au regard même de la part de leur contribution au PIB et l’amélioration de la création de l’emploi dans notre pays en particulier et au niveau de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en général ». Mais portant un regard sur ce secteur de l’économie des pays de la sous-région, il fait constater que ces entreprises « travaillent dans un environnement informel, et n’ont pas l’information pour accéder aux outils pouvant leur permettre de perfectionner leurs activités. Elles ne sont pas suffisamment structurées pour avoir accès aux instruments financiers qui sont sur place au niveau de l’UEMOA ». M. Assogba a souhaité que cette réunion amène à « définir les outils et les services pour les accompagner en vue de l’amélioration de leur compétitivité et de leurs ressources internes ». Il dit être convaincu que des mécanismes seront mis en œuvre en vue de « la formation, du renforcement de capacité technique et financier des petites et moyennes entreprises qui sont dans l’espace UEMOA ».
On peut d’ores et déjà espérer que les attentes des hautes autorités de l’Union de voir jaillir de cet atelier, des propositions concrètes devant contribuer à l’amélioration significative de l’accès des PME aux financements seront comblées.
P.S, Lomé (Telegramme228)