Saturday, August 31, 2013

TOGO::La RN 28, Dapaong – Ponio : 38 km de route refaite, 4 grands ponts construits, des avenants pour embellir les villages traversés bientôt réceptionnés

altAccéder en un temps record au Burkina Faso à partir de Dapaong n’est plus l’exclusivité de la RN 1 qui aboutit à Cinkanssé. Désormais, Ponio aussi y débouche par la RN 28, une route totalement refaite que les usagers l’ayant emprunté qualifient de chef-d’œuvre. Car, avec les quatre nouveaux ponts construits, le transport de marchandises est plus aisé. Surtout le dernier, du nom du village qui débouche sur la frontière avec le Burkina Faso, et dont le fleuve du même nom submergeait l’ancien lors d’inondations dans un passé récent.
Au carrefour de la ville de Dapaong où se rejoignent les voies menant à Lomé, Cinkanssé et Ponio, les conducteurs des travaux s’impatientent. A cause du « blocage des travaux ». En effet, on y découvre que les fils électriques de haute tension empiètent énormément sur la nouvelle voie considérée comme emprise de la chaussée. Il en est de même des canalisations de la Togolaise des Eaux (TdE) qui affleurent par endroits, en plus d’être dans cette emprise. Selon M. Mody N’Diaye, directeur des travaux, « les équipes en place veulent bien s’exécuter, mais sans l’aval de leurs directions, elles ne peuvent rien faire ». Il est question, au vu de la largeur de la chaussée, de déplacer et les poteaux de haute tension de la CEET, et les canalisations de la société fournisseuse d’eau potable, la TdE. Mais l’Etat prendra-t-il en compte tous ces retards qui ne sont pas à première vue de la responsabilité d’Ebomaf et qui ralentissent l’avancée des travaux?
Les appréhensions des uns et des autres ne nous ont pas empêchés de voyager sur la nouvelle route pour évaluer le travail de la société spécialisée dans les travaux de routes.
altComme sur la RN 24, la chaussée est composée d’un sol-ciment sur une épaisseur de 10 cm recouvert de 5 cm de goudron. Hormis les travaux en cours à l’entrée de Dapaong, la voie est achevée. A Korbongou, la RN 28 a contourné le village afin de limiter les désagréments des gros porteurs. Toutefois des avenants ont permis à l’ancienne voie de 6 m de refaire peau neuve. Un péage flambant neuf a été installé sur la voie pour mettre à contribution les futurs usagers. Jusqu’au fleuve Ponio, Oti pour les habitants de Mango, on compte quatre grands ponts, exception faite des ponceaux qui traversent la voie par endroits. Lorsqu’on s’est interrogé sur le retard pris pour la réception de la voie qui, il faut le dire, a changé le visage de la préfecture, il nous a été répondu que ce sont les rigoles à l’entrée de Ponio, de même que les perrés maçonnés de part et d’autre du grand pont de plus de 80 m pour empêcher l’érosion en cas de fortes précipitations, qui restent à installer avant la cérémonie de réception.
En dehors de la voie proprement dite, la société Ebomaf a réalisé des ouvrages d’intérêt public pour les riverains. Comme les hangars du marché du village et quelque onze forages.
S’il est des recommandations qui ressortent de la visite de l’axe Dapaong – Ponio, au vu de l’état du carrefour d’où partent les voies allant à Cinkanssé et Ponio, c’est bien l’impératif de l’intervention des services techniques de la TdE, de Togotélécom et de la Ceet, car, et c’est le lieu de le dire, les installations de ces trois sociétés étatiques n’ont pas tenu compte de l’élargissement de ce carrefour. Des filets de signalisation de la fibre optique qui dessert l’hinterland, montrent un risque de coupure à la moindre erreur d’Ebomaf, les fils électriques de basse tension et de haute tension empiètent royalement sur l’emprise de la nouvelle chaussée, des canalisations d’eau risquent de se casser si elles ne sont pas déplacées. Et certaines maisons seront rayées pour permettre à la voie de s’installer. Bref, il y a urgence que les directions des services techniques sus-cités établissent les devis nécessaires afin que la notion de délai ne soit pas opposée à Ebomaf qui, de par la diversité et le caractère pointu du matériel déployé, ne demande qu’à prouver qu’elle n’a pas volé son expertise.
Si les RN 24 et 28 ont la même composition du point de vue de la route, il n’en est pas de même pour Dapaong – Cinkanssé qui est un prolongement de la RN 1. Sa composition et ses spécificités feront l’objet du prochain article.
Godson K
VIA LIBERTE HEBDO TOGO

TOGO::Isabelle Améganvi sur la question de la création du groupe parlementaire ANC : « Je pense que vous (journalistes) devez laisser le temps aux politiques de décider avant de spéculer »

Togo - La polémique a couru depuis jeudi que les députés de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) envisageraient de mettre de côté le Collectif Sauvons le Togo (CST) pour mettre en place un groupe propre à eux. Quelle part de vérité y a-t-il dans ce scoop du quotidien Liberté ? Me Isabelle Manavi Améganvi, membre du bureau politique de l’ANC et député élu a tenu à remettre les choses en place dans cette interview qu’elle a accordée à l’Agence Afreepress. Celle-ci est également revenue sur plusieurs sujets d’actualité au Togo à l’instar du bilan laissé par le Premier ministre Kweshi Séléagodji Ahoomez-Zunu et de la place du CST dans cette nouvelle Assemblée. Lire l’entretien. Me Isabelle Manavi Améganvi : Les élections qui viennent de prendre fin ont fait du parti UNIR, le parti majoritaire à l’Assemblée nationale et l’opposition est incarnée par le CST et la Coalition Arc-en-ciel. Donc en principe démocratique c’est ceux qui sont majoritaires qui doivent gouverner. Donc au niveau de l’exécutif il paraît clair qu’UNIR qui est le parti majoritaire doit gouverner et les autres partis qui sont minoritaires seront dans l’opposition. Moi je me position du côté de l’opposition étant entendu que j’ai été élue ANC-CST donc à partir de ce moment-là vous comprenez que je ne dirais pas que le sujet ne m’intéresse pas, mais je suis de l’opposition et il faut que cela soit clair. Tout est prioritaire au Togo et pour nous l’État de droit doit s’instaurer définitivement dans notre pays. On doit instaure le respect des droits de l’Homme, la bonne gouvernance, endiguer la corruption et la misère, régler les problèmes de développement. Il y a bien évidemment les questions relatives aux réformes constitutionnelles et institutionnelles qui sont sur le chantier. Vous savez les élections présidentielles sont dans moins de deux (2) ans et donc il est nécessaire que les réformes qui doivent se faire puissent se faire également. Je ne sais pas si ces questions qui sont pour nous autres de l’opposition des priorités pour lesquelles nous devons nous battre dès à présent sont également des priorités du parti majoritaire au pouvoir. Je pense que si notre pays veut avancer et sortir du statu quo, ces questions sont des axes prioritaires. Il faut l’encrage de l’État de droit parce que vous savez, c’est un vain mot que de croire qu’on peut développer un pays lorsque les principes démocratiques ne sont pas respectés, lorsque l’État de droit n’a pas droit de cité. Afreepress : Quel bilan pourrez-vous dresser du passage à la tête du gouvernement du Premier ministre démissionnaire ? Me Isabelle Manavi Améganvi : Le bilan du Premier ministre démissionnaire ! Ce n’est pas à moi de le dire il faut poser la question à tous les Togolais dans la rue. Nous savons que c’est sous son mandat que la violation des droits de l’Homme a été plus accentuée avec des arrestations intempestives des gens comme Olivier Amah, Abass Kaboua et les autres arrêtés dans cette histoire d’incendies des marchés de Kara et Lomé et la fermeture des radios Légende qui vient s’ajouter à celle de X-Solaire pour ne pas parler des problèmes économiques et la misère et le chômage. Je veux qu’on me montre quel est le côté positif de ce mandat. Il y a aussi le reliquat de l’exclusion des neuf députés de l’Assemblée nationale à qui la Cour de Justice de la CEDEAO a rendu des décisions qu’on tarde jusqu’aujourd’hui à mettre en application puisque c’est l’État togolais qui a été condamné dans ce dossier. Le problème du découpage électoral reste entier et les dernières élections l’ont prouvé. Celui qu’on a proposé est assez grave que celui qu’il y avait avant. Je crois que tout est là, je ne dirais même pas en chantier, rien absolument n’est encore fait. Afreepress : Le principal axe de la feuille de route d’Ahoomey-Zunu était le dialogue avec la classe politique. Croyez-vous qu’il y ait eu des avancées dans ce domaine ? Me Isabelle Manavi Améganvi : Je crois qu’il faut plutôt parler de monologue. Tout a été fait de manière chaotique et le gouvernement a voulu donner le nom pompeux de dialogue. En réalité ces rencontres étaient destinées à entériner les diktats d’UNIR et d’ailleurs c’est de cette manière que ça s’est passé jusqu’aux élections et UNIR a donné ce qu’il voulait donner et a retiré ce qu’il voulait retirer et ainsi de suite. Je crois qu’un dialogue c’est deux personnes qui s’assoient et qui discutent, ce n’est pas une personne qui impose aux autres son point de vue et s’en arrête à cela. En termes de dialogue il n’y a eu que des monologues. Les résultats de cela vous les connaissez ! Les conditions dans lesquelles les élections ont été organisées, la question des réformes… Afreepress : Que répondez-vous aux rumeurs faisant état d’un projet de création d’un groupe parlementaire ANC en mettant de côté le CST ? Me Isabelle Manavi Améganvi : Je crois que les journalistes font du bon travail dans des difficultés, mais je pense que vous devez laisser le temps aux politiques de décider avant de spéculer. D’ailleurs si vous laissez les politiques vous donnez les résultats de leurs rencontres, il n’y aura plus de place aux spéculations. J’ai suivi hier sur les stations de radios des débats sur cette histoire de groupe parlementaire où on a accusé à tort et à travers l’ANC où on a promis la géhenne au CST. Nous ne somme pas encore au niveau de la création du groupe parlementaire on verra si tout ce qui est dit est vérifié ou n’est pas vérifié, si le CST va connaître sa fin ou non. C’est tout ce que moi je peux dire parce que je n’aime pas entrer en l’état actuel des choses dans la polémique. Je crois qu’il faut élever le débat sur cette question et attendez de voir ce qui sera fait ou ce qui ne sera pas fait. Propos recueillis par Olivier A. AfreePress

TOGO:: Projet de création de groupe parlementaire ANC : Éric Dupuy confirme, mais relativise

Dans leurs parutions du 29 et 30 août 2013, les journaux Liberté, Le Correcteur et Le Changement rapportaient un projet de création d’un groupe parlementaire ANC au sein de la nouvelle Assemblée nationale ce qui ferait planer, selon ces journaux, le spectre d’une implosion sur le CST. Au lendemain de ces parutions, les réactions des premiers responsables de l’ANC ne se sont pas fait attendre. Après l’interview accordée à l’Agence Afreepress par Isabelle Manavi Améganvi, 2e Vice-présidente de l’ANC sur ce sujet, c’est Éric Dupuy (photo), le préposé à la communication de cette formation politique de l’opposition qui est monté au créneau pour apporter sa part de vérité sur le sujet qui a fait l’effet d’un ouragan au sein de l’opinion. « Tout ça, ce ne sont que des mensonges », a lancé vendredi au micro de Radio Kanal FM, Éric Dupuy qui, tout en ne démentant pas l’information, a tenu à faire certaines mises au point. Chaque parti au CST, a-t-il insisté, est allé aux dernières élections législatives avec son logo et son nom. « Nous sommes allés sous nos propres identités. L’ANC a fait campagne en tant qu’ANC, OBUTS a fait campagne en tant qu’OBUTS, le PSR a fait campagne en tant que PSR et dans toutes les déclarations faites à cette époque, on n’a jamais dit que le CST a fait ceci ou cela », a indiqué l’homme. Il est important que l’ANC existe au sein du parlement « Si d’aventure il était créé un groupe parlementaire Arc-en-ciel et CST au niveau du parlement togolais, ceci signerait la disparition des formations politiques de l’opposition parlementaire et ferait les affaires d’UNIR et l’UFC qui ambitionnent être les seules formations politiques représentées à l’Assemblée. L’ANC ne veut pas se noyer dans un tel système, elle veut exister en tant qu’entité politique et elle existera en tant que tel. Nous disons qu’il faut permettre à chaque parti d’avoir son identité propre », a précisé Éric Dupuy pour qui une telle démarche a déjà obtenu l’assentiment de l’ADDI du Prof Aimé Gogué. Dans ses explications, le chargé à la communication de l’ANC a balayé du revers de la main les « rumeurs » faisant état d’une guéguerre entre Jean-Pierre Fabre, leader de l’ANC et Me Zeus Ajavon, coordonnateur du CST sur le statut du leader de l’opposition parlementaire, le coordonnateur du CST étant d’ores et déjà présenté par certaines personnes comme le réel « Leader de l’opposition ». « J’ai entendu dire que Jean-Pierre Fabre veut renvoyer Zeus Ajavon. Zeus Ajavon n’est pas le président du CST ! Il est le coordonnateur qui dirige un bureau où sont représentés tous les membres du CST et il ne fait que coordonner », a rappelé Éric Dupuy et de relativiser que Me Zeus Ajavon et Jean-Pierre Fabre s’entendait très bien. « À l’heure actuelle, le nom du groupe parlementaire n’est pas encore connu. Moi je voudrais que le groupe parlementaire s’appelle ANC pour que politiquement les partis existent au sein de l’Assemblée nationale », a conclu Éric Dupuy. Olivier A. AfreePress

Wednesday, August 14, 2013

TOGO::Après les législatives, les masques tombent - La popularité de l’UNIR et de son président, une chimère

Les élections législatives viennent de se terminer sans que les chiffres publiés par la CENI permettent de se faire une idée de l’assise de chacun des deux camps, pouvoir et opposition. En tenant compte des abstentions, tout laisse à penser qu’hormis les fraudes, le parti au pouvoir devrait passer dans l’opposition à la prochaine présidentielle si l’opposition actuelle parfaisait son système de détection de fraudes.
Le nombre d’inscrits après recensement était de 3.044.332. Mais lors des élections, seuls 2.011.203 se sont déplacés pour voter, soit 66,06% d’après les résultats de la Ceni. Eu égard aux réformes à venir et à la propension des régimes peu ouverts à la transparence en matière électorale, le scrutin avait une importance particulière pour le régime actuel. C’est ainsi que dans les villes, villages, faubourgs et bourgades du pays, une « battue générale » fut organisée afin de « ratisser le plus large possible ». Mais malgré toutes ces magouilles, Unir, le parti au pouvoir, s’est retrouvé avec 880.608 voix, la fraude aidant sur toute l’étendue du territoire national. Et le CST avec l’AEC, cumulent 758.486 voix.
Selon les résultats proclamés par la Céni dont la majorité des membres sont acquis au pouvoir, 1.033.129 inscrits se sont abstenus d’aller voter. Or il est de notoriété mondiale que dans les régimes fermés à la démocratie, la quasi-totalité des abstentions en période électorale se trouve presque toujours dans le camp de l’opposition. C’est ici qu’intervient le raisonnement par l’absurde ou par projection que la HAAC a tant redouté et qui a coûté sa fermeture à la radio Légende. A supposer que des garanties d’une élection présidentielle « propre » soient apportées aux abstentionnistes et que 80% d’entre eux décident de faire valoir leur vote, le nombre d’abstentions ne serait plus de 1.033.129, mais plutôt de 1.033.129 x 20%, soit 206.625 voix. Il y aura alors au moins 826.504 nouveaux votants.
Eu égard à la situation sociopolitique du Togo, il n’est pas exagéré de dire que la majorité de ceux qui se sont abstenus de voter, soit de l’opposition, parce que redoutant que leurs voix ne compteraient pas, ont décidé de ne pas se déplacer. Mais si malgré tout on attribue 20% des 826.504 nouveaux votants au parti au pouvoir, et 80% à l’opposition, on obtient respectivement 165.300 et 631.203. Ainsi, à l’issue d’un scrutin qui ne prendrait pas en compte le découpage électoral inique, parce que ce serait la présidentielle et les circonscriptions n’auraient plus leur raison d’être, Unir totaliserait 880.608 + 165.300 voix, soit 1.045.908 voix et les deux regroupements obtiendraient 758.486 + 631.203, soit 1.389.689 voix.
Pourquoi toutes ces gymnastiques chiffrées ? En 2015, des échéances cruciales attendent encore le Togo. Chaque camp cherche à évaluer ses chances de réussite, mais personne ne veut se saisir des chiffres publiés par la Céni pour faire des projections sur 2015. Ainsi en prenant en compte des paramètres qui peuvent toujours fluctuer eu égard au dernier rapport intérimaire de la mission d’expertise électorale de l’Union européenne, les mathématiques étant une hérésie en politique, on obtient grosso modo des tendances que chaque parti peut utiliser pour repartir de plus belle à la conquête de l’électorat. Mais les chiffres montrent que hormis les fraudes qui tendent à s’institutionnaliser au Togo, l’opposition devrait pouvoir accéder à la magistrature suprême en 2015 si celle-ci se remettait dès à présent au travail et revoyait sa stratégie en privilégiant des rencontres de proximité surtout à l’intérieur du pays. Les partis de moindre envergure devront très tôt manifester leur tendance en se rapprochant d’un ou de l’autre camp, car en l’état actuel des choses, la bipolarisation de la vie politique s’est fait corps à travers les deux partis phares de la future Assemblée nationale.

Abbé Faria

TOGO: « Les législatives 2013 au Togo ne réunissent pas les conditions de transparence et de vérité des urnes »

Dans le cadre des législatives du 25 juillet, le Conseil mondial de la diaspora togolaise (CMDT) a envoyé au Togo une mission d’observation électorale « Opération touche pas à mon vote ». Deux semaines après le scrutin, cette mission rend son rapport dans lequel elle affirme que « les résultats « complets et provisoires » ne sont pas acceptables car entachés d’irrégularités trop importantes ». Lecture.
La diaspora togolaise rend son rapport sur la Mission d’observation électorale « Opération touche pas à mon vote !»
A l’attention des membres de la communauté internationale, africaine, du gouvernement togolais, de la Diaspora togolaise et du peuple togolais.
Les législatives 2013 au Togo ne sont pas une avancée démocratique
Sur les législatives 2013 au Togo, le Conseil Mondial de la Diaspora Togolaise (CMDT) a déployé une Mission d’Observation Electorale (MOE-DIASPORA) financée par la Diaspora intitulée « Opération Touche pas à mon vote ! » afin de donner son avis sur le déroulement du scrutin, sur sa transparence et la crédibilité des résultats.
Cette Mission d’Observation Electorale a pu bénéficier du concours d’associations locales togolaises et burkinabé et s’est déroulée les 25 et 26 juillet 2013 sur toute l’étendue du territoire national. Les observateurs de la MOE-Diaspora étaient au nombre de 35 personnes réparties dans 28 circonscriptions électorales sur un total de 30. Ces observateurs s’appuyaient sur des réseaux locaux. Ainsi 327 bureaux de vote ont pu être directement suivis.
Selon les résultats «complets et provisoires» des élections législatives du jeudi 25 juillet 2013 annoncés unilatéralement le 28 juillet à Lomé par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), sans attendre la vérification et la comparaison du nombre de votants, le nombre de bulletins invalidés, le parti au pouvoir RPT/UNIR (Union pour la République) remporterait 62 sièges de députés sur 91 contre 19 pour le CST (Collectif Sauvons le Togo), 6 pour la coalition ARC-EN-CIEL, 3 pour l’UFC (Union des Forces de Changement) et 1 pour Sursaut National.
La Mission d’Observation Electorale (MOE-DIASPORA), au vu des multiples vices de formes et de détournement des procédures, est en mesure d’affirmer que les législatives 2013 au Togo ne réunissent pas les conditions de transparence et de vérité des urnes pour être crédibles vis-à-vis des standards internationaux. Rien que ces quelques Exemples font peser de graves soupçons de fraude sur ces élections :
Ex1. A trois jours du scrutin, soit exactement le 22 juillet, la CENI précise que seuls les bulletins de vote avec hologramme seront comptabilisés, ce qui à priori, devrait aller dans le sens de la sécurité. Par contre, il a été constaté le jour du vote que nombre de bureaux de vote sont totalement ou partiellement alimentés de bulletins de vote sans hologramme, ce qui rend cette mesure sans effet. En effet, comment éviter la tentation de choisir les bureaux de vote où seront distribués ces bulletins sans hologramme ?
Ex2. Le vote par anticipation de tous les corps habillés, pas seulement de quelques milliers de soldats détachés pour la sécurisation du scrutin, y compris les votes par procuration des soldats stationnés aux quatre coins du monde et dont on ignore le nombre et donc le poids électoral. Alors même que la Diaspora continue d’être écartée du processus électoral.
Ex3. L’inégalité de traitement des membres des Bureaux de Vote (BV) interdisant à certains partis de pouvoir disposer d’une voix délibérative dans les BV et dans les CELI (Commission Electorale Locale Indépendante). Des présidents de bureaux de vote qui se sont vus annoncer le jour même par la CENI ou le pouvoir cette attribution, ignorant le code électoral, encore moins le processus de transparence, ont participé à cette inégalité de traitement.
Ex4. Payer pour voter : un numéro mobile 1010 payant, pourtant mis à disposition par la CENI pour la recherche du BV adéquat pour les citoyens qui ne trouveraient pas leurs noms sur les BV initialement indiqués.
Ex5. Dans plusieurs circonscriptions, les kits électoraux n’étaient pas complets (rupture du stock des bulletins de vote, pas de fiches de procès-verbal, hologramme sur bulletin de vote inexistant, pas de lampe d’éclairage notamment dans les zones rurales, etc.). Cela met en cause les bulletins effectivement comptés.
Ex6. L’absence d’affichage immédiat des procès-verbaux des résultats dans une majorité de bureaux de vote à la suite du dépouillement du scrutin interdit tout contrôle citoyen sur l’intégrité des transmissions des résultats au niveau de compilation suivant.
Ex7. Le processus d’agrégation des résultats du bureau de vote jusqu’à la compilation nationale ne permet nulle part à un citoyen ou à un parti de pouvoir s’assurer de la transparence du vote, contrairement à ce qui se passe dans tout pays démocratique ou d’aspiration. A un moment de la chaîne, celui qui organise le vote peut à loisir jouer sur les résultats allant jusqu’à les intervertir.
Le Conseil Mondial de la Diaspora Togolaise affirme que :
· les résultats « complets et provisoires » ne sont pas acceptables car entachés d’irrégularités trop importantes. Sous les standards internationaux, ils ne sauraient être avalisés sous aucun prétexte. A moins d’opter ici pour la non-transparence et la contre-vérité des urnes.
Le Conseil Mondial de la Diaspora Togolaise réaffirme :
· son engagement aux côtés du peuple togolais et que seules la transparence et la vérité des urnes permettent une sortie de crise politique et sociale durable au Togo, gage d’une confiance retrouvée. Travestir ces choix, c’est obérer le devenir et l’avenir du Togo et des Togolais.
Fait à Lille, le 04 août 2013
Pour le Conseil Mondial de la Diaspora Togolaise
Dr Martin AMOUZOU
Coordinateur Généra

La HAAC et sa politique de discrimination

« C’est d’abord à ton pays de tenir, envers toi, un certain nombre d’engagements. Que tu y sois considéré comme un citoyen à part entière, que tu n’y subisses ni oppression, ni discrimination, ni privations indues. Ton pays et ses dirigeants ont l’obligation de t’assurer cela ; sinon, tu ne leur dois rien » (Amin Maalouf, Les désorientés) Bien que la Constitution proclame son indépendance, la HAAC est fortement influencée par les politiques tant dans le choix de ses membres que dans son fonctionnement. Nonobstant cette situation, les différents bureaux qui se sont succédé, ont essayé de transcender la bipolarisation de la presse au Togo pour travailler avec toutes les organisations. Ils n’ont jamais banni les journaux critiques vis-à-vis du pouvoir ainsi que les associations qui leur sont proches, comme le fait le bureau actuel de la HAAC pourtant dominé par d’anciens professionnels des médias. Kokou Tozoun, militant du parti au pouvoir, et son équipe ont fait de la discrimination leur sport favori. Plus intéressant, ils consacrent la division de la presse privée. Même le professeur d’université, Victor Aladji, qui a formé beaucoup de cadres togolais, n’arrive pas à dire aux siens que c’est dans la différence qu’on a le progrès. « Si tu diffères de moi, loin de me léser, tu m’enrichis », rappelle Antoine de Saint-Exupéry. Et il faut le dire, le bureau actuel de la HAAC est pire que les précédents. La Haute Autorité donne l’impression qu’elle n’est qu’au service du parti au pouvoir. Pendant la campagne électorale par exemple, elle était bien au courant que des chaînes de télévision sportives et religieuses diffusaient plusieurs reportages sur les candidats de l’UNIR, mais a préféré se taire avant de faire diversion avec un communiqué à quelques heures de la fin de la campagne. En revanche, elle n’a pas perdu une minute pour envoyer une horde de gendarmes investir le studio de la Radio Légende FM le 25 juillet dernier. En réalité, c’est en cherchant la nouvelle loi organique de la HAAC suite à la suspension de la Radio Légende, un acte qui a l’allure d’une vendetta, que nous sommes tombé sur des comités techniques mis en place par la HAAC. Il s’agit des comités de la presse écrite, de la radio, de l’éthique et de la déontologie, et des multimédia et de la délivrance de la carte de presse animés par des membres du bureau de la HAAC et quelques journalistes pompeusement qualifiés de « personnes ressources ». Sont cooptés dans ces comités, des membres des bureaux du Conseil national des patrons de presse (CONAPP) et de l’Union des journalistes indépendants du Togo (UJIT) alors que ces deux organisations ne sont pas représentatives de la presse privée togolaise. Pis encore, ce sont des journalistes qui se plaisent à imprimer deux « Unes » différentes pour le même numéro : l’une destinée à la vente et au dépôt légal, et l’autre pour le chantage, qui sont choisis pour plancher sur les problèmes liés à la presse écrite et à l’éthique. Comme on peut le constater, le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) et Sos Journaliste en danger sont exclus de ces comités. Tout comme les journalistes critiques vis-à-vis du pouvoir. Depuis que ceux-ci ont pris le devant de la contestation de la première mouture de la loi organique de la HAAC, ils sont dans la ligne de mire de Kokou Tozoun et son équipe, et ne sont associés à aucune des activités de cette institution. Ce sont donc les journalistes pro-UNIR et les membres des associations postiches qui ont pignon sur rue à Agbalépédogan. Zeus AZIADOUVO

TOGO:Affrontements entre Kabyès et Kotokolis à Kétao suite à une dispute entre deux jeunes

Plusieurs blessés dont un cas grave et d’importants dégâts matériels Kétao, une ville, une histoire. Pendant longtemps, Kétao a toujours connu des affrontements entre les Kabyès (autochtones) et les Kotokolis pour diverses raisons. Vendredi dernier encore, c’était la chasse de l’homme par l’homme entre les autochtones et les Kotokolis. Pourtant la majorité de ces deux ethnies pratique une même religion qui est l’Islam. Le choix de l’imam qui a eu lieu, il y a déjà un an, était au cœur des affrontements dans cette ville située à moins d’une dizaine de kilomètres du Bénin. Plusieurs blessés dont un dans un état critique et d’importants dégâts matériels ont été enregistrés. En effet, à la mort de l’imam de la ville de Kétao, il a fallu procéder au choix d’un remplaçant. Pour ce faire, la communauté musulmane s’est réunie pour des concertations qui, malheureusement, n’ont pas été fructueuses. La communauté musulmane s’est divisée. D’une part, un groupe majoritairement composé de Kotokolis qui voulait que le nouvel imam soit le fils de l’imam défunt, et de l’autre les autochtones s’y opposaient. Cette mésentente avait même conduit à un affrontement en août 2012 causant également d’énormes dégâts. Avec l’intervention des autorités locales, la situation s’est apaisée et finalement c’est un Nigérian qui a été nommé imam en vue de départager les deux parties. Malgré tout, cette communauté musulmane à Kétao est restée toujours divisée. Le camp qui exigeait la nomination du fils de l’imam défunt a refusé d’assister aux prières à la grande mosquée de la ville où elles sont dirigées par l’imam choisi et dont la tête ne leur plaît pas. Certains d’entre eux préféraient aller dans les mosquées des localités environnantes, d’autres allaient même jusqu’à Kara pour les prières de vendredi. A cette allure, c’était prévisible qu’une étincelle fasse exploser la poudrière un jour. Malheureusement, c’est à cette triste et regrettable scène que nous avons assisté vendredi dernier. Une simple dispute entre deux jeunes, l’un Kotokoli et l’autre Kabyè après la grande prière, a fait exploser la poudrière conduisant à un affrontement sanglant entre les deux peuples. Plus nombreux, les autochtones, machettes, coupe-coupe, couteaux, gourdins et bidons d’essence en main, ont sauvagement abattu les troupeaux de moutons et de bœufs appartenant à des membres de l’autre communauté, brûlé des boutiques, des maisons, bref tous les biens appartenant aux Kotokoli. Plusieurs blessés dont un dans un état grave ont été également enregistrés. Il faut souligner que la passivité des éléments des forces de sécurité dépêchées sur les lieux d’une manière ou d’une autre a contribué à l’ampleur des dégâts. « Bras croisés, ces soldats ont regardé faire », a confié un témoin. Actuellement, la vie est morose à Kétao. Beaucoup de Kotokolis ont quitté les lieux pour se refugier ailleurs. Certains se sont retrouvés au Bénin et d’autres ont regagné leurs milieux d’origine tels que Bafilo, Sokodé, Kara et Tchamba. Cette situation est très grave et peut entraver la réconciliation appelée de tous leurs vœux par le pouvoir. Alors il urge que les autorités prennent ce problème à bras le corps afin que le pire soit évité. Jérémie G., Correspondant Région de la Kara http://liberte-togo.com/l/index.php?option=com_content&view=article&id=2430:reconciliation-nationale-en-peril&catid=7:societe&Itemid=6